La motivation – facteur dans le changement du comportement de dépendance

Angela Tiperciuc Cimpan, ancienne stagiaire au CCPE

Le traitement des comportements de dépendances est complexe et a été examiné pendant de nombreuses années.

Un aspect important sur lequel l’accent a été mis est la motivation de la personne à éliminer la dépendance.

La plupart des psychologues s’entendent pour dire que la motivation doit franchir la porte du bureau avec le client. Ce dernier doit être motivé avant d’entrer en contact avec le psychologue. La motivation est essentielle pour maintenir le contact thérapeutique et participer à des séances de consultation.

Le psychologue roumain Mielu Zlate a identifié les principales structures de motivation :

  • besoins-la principale source de l’action
  • impulsions- besoins dans l’état de l’excitabilité forte
  • intentions- implication projective du sujet dans l’action
  • valences – des orientations affectives à l’égard de certains résultats
  • tendances-force directe plus ou moins précise
  • raisons- la mobilité déclenche l’énergie de soutien et orientée vers l’action
  • intérêts-  des champs spécifiques d’orientation d’activité
  • croyances – les idées ont connu une forte émotion, poussant à l’action
  • idéaux – projections individuelles dans les systèmes d’images et d’idées qui guident toute l’existence
  • conception du monde et de la vie- toutes les opinions, les théories sur la nature humaine et la société

La motivation en traitement de la toxicomanie est considérée comme fondamentale dans l’engagement de la personne dans sa récupération  et dans le processus  de cessation de drogue.

Pour le problème de la toxicomanie, la motivation est considérée comme un complexe des facteurs biopsychosociaux.

Abandonner la dépendance implique de trouver une alternative plus motivante.

Développé par William Miller en 1983, l’entretien motivationnel est une méthode directive centrée sur le client, ayant pour but d’accroître la motivation intrinsèque au changement par l’exploration et la résolution de l’ambivalence.

Comment fonctionne l’entrevue motivationnelle?

L’entrevue suit la façon dont la personne perçoit les conséquences de ses actes. Une autre possibilité consiste à prêter au client un miroir afin qu’il puisse voir avec des yeux différents. La motivation varie d’un moment à l’autre, d’une situation à l’autre et peut être influencée par de nombreux facteurs.

L’entretien motivationnel est conçu pour renforcer la motivation personnelle et l’engagement envers un objectif précis en suscitant et en explorant les raisons personnelles en faveur du changement, dans une atmosphère d’accueil et de compassion.Il aide les clients à explorer et résoudre leur ambivalence face au changement. Pour une entrevue motivationnelle, il faut bien comprendre le point de vue du client, éviter ou réduire la résistance au changement et augmenter l’auto efficacité du client. Les techniques d’entrevue motivationnelle comprennent la reformulation active, l’obtention de déclarations motivationnelles du client, l’examen des deux côtés de l’ambivalence du client par rapport au changement et la réduction de la résistance au changement en surveillant la disposition à changer du client de façon à ne pas pousser au changement prématurément.

Prochaska et Di Clemente ont formulé un modèle de changement connu sous le titre de  «cycles des changements».

Le premier stade est celui de pré contemplation (appelélune de miel). La personne n’a pas l’intention de modifier son comportement problématique.

Le second est le stade de contemplation durant lequel la personne est consciente qu’un problème existe et pense sérieusement à le vaincre, mais n’a pas encore pris l’engagement d’agir.

Le troisième est le stade de préparation ou de prise de décision.  Ce stade suppose que le changement commence à être considéré comme une nécessité. Le client veut faire un changement, mais n’a pas décidé de prendre action.

Le quatrième est le stade d’action durant lequel la personne modifie activement son comportement, son expérience ou son environnement afin de vaincre son problème.

Le cinquième est le stade de maintien durant lequel la personne travaille à prévenir la rechute et consolide les gains obtenus durant l’action.

Il est aussi important d’évaluer la résistance:

  • La négation – lorsque le client n’est pas d’accord qu’il a un problème, trouve des excuses, minimise le problème,  est pessimiste ;
  • Le client interrompt le psychologue quand il parle ;
  • Le client est ignorant, insouciant, ne répond pas.

Le changement n’est pas un processus linéaire.Confronté à un malaise, entre autre àl’éventualité d’une perte (emploi, relation, santé, etc.) l’individu a deux choix:

– Changer de comportement;

– Changer ses valeurs.

En conclusion, les décisions et les motivations s’accompagnant d’un sentiment de liberté et entraînent un engagement ou une persévération.

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À propos de l’auteure: Angela Tiperciuc Cimpan, M.Psy., était stagiaire en psychologie au CCPE.

1 réflexion au sujet de « La motivation – facteur dans le changement du comportement de dépendance »

  1. Bonjour
    Merci pour votre article, en tant au’étudiante je le trouve réellement interessant!

    L’utilisation de l’entretien motivationnel me rappelle l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers. On retrouve un peu l’application des 4 R à mettre en place avec le client lors de la relation thérapeutique (Résumer ce que le client vient d’énoncer, Recontextualiser les propos du client dans son histoire, Renforcer le discours du client et Reformuler). Il est probable que Miller et Rollnick se soient inspirés de l’approche de C Rogers.
    Vous parlez de la résistance possible du client face à la thérapie mais comment y faire face? Miller et Rollnick (1983)parlent de « rouler avec la résistance ».

    Et est ce que l’entretien motivationnel est aussi efficace avec les troubles alimentaires? troubles pour lequel la motivation du client à changer est très importante.

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