Livres de Jérôme Guay, Ph.D.

Dix ans après mon retour de Californie, deux livres paraissent coup sur coup; en 1983 «Psychothérapie: attention » (Livre collectif) publié par Québec Science Editeur et en 1984 « L’intervenant professionnel face à l’aide naturelle », Gaëtan Morin Editeur.

Ces deux livres témoignent des préoccupations qui m’habitaient après quelques années d’exercice de mon métier de psychothérapeute. Le premier livre regroupe plusieurs auteurs qui sentaient, comme moi, le besoin de dénoncer l’état de situation concernant la psychothérapie. Il n’y avait presque pas de regard critique porté sur la psychothérapie qui ciblait surtout les personnes bien nanties avec des capacités d’introspection au dessus de la moyenne. Il existait de nombreuses méthodes, toutes plus différentes que les autres, dont aucune ne parvenait à démontrer sa supériorité sur les autres; une véritable tour de Babel. Le livre a eu un certain retentissement et a bousculé bien des collègues.

Le deuxième livre, que j’ai écrit seul, propose une définition des diverses formes que peut prendre l’aide psychologique non professionnelle procurée par des personnes qui ne sont pas des psychothérapeutes. L’intérêt pour l’aide dite naturelle, située hors des frontières de mon domaine, va m’aider à mieux définir les contours de mon métier tout en établissant les conditions de complémentarité entre les deux formes d’aide.

Ces thèmes vont être repris dans le « Manuel québécois de psychologie communautaire » publié en 1987 chez Gaëtan Morin. D’autres aspects de la psychologie communautaire, vont également être discutés dans ce livre destiné aux étudiants du cours «Psychologie communautaire», dont j’étais responsable. La psychologie avait toujours été définie comme clinique et c’était le champ d’application de loin le plus populaire auprès des étudiants. Il fallait se montrer convaincants pour réussir à y intéresser les étudiants.

Une deuxième version verra le jour en 2001 aux Presses de l’Université Laval «Agir au cœur des communautés. La psychologie communautaire et le changement social dirigée» cette fois par une collègue qui m’a remplacé comme responsable du cours; Francine Dufort. Je co-dirige ce livre à plusieurs auteurs, comme le précédent, et j’y écris un chapitre qui résume l’approche réseau et l’approche milieu.

En 1992 je publie « Thérapie brève et interventions de réseau; une approche intégrée. » aux Presses de l’Université de Montréal. Ce livre s’est bien vendu, car il répondait aux besoins des praticiens de première ligne, spécifiquement les intervenants de CLSC. Il m’a été inspiré par mes expériences de formateur, et même de coordinateur d’équipes, en CLSC. Il s’agit d’une première tentative de définir une complémentarité entre les approches clinique et communautaire. Le contenu des deux premiers chapitres provient de lectures et d’ateliers à un congrès de l’APA, où le thème était la thérapie brève, alors que les deux dernier chapitres traitent des approches réseau.

En 1998 sort « L’intervention clinique communautaire : les familles en détresse ». aux Presses de l’Université de Montréal, fruit d’un travail long et ardu. Ce livre répondait à une demande des praticiens qui, m’ayant observé pratiquer l’intervention et la thérapie familiales, désiraient que je définisse mon approche. Il s’est avéré très difficile pour moi d’expliquer ce que je faisais de façon très spontanée, parfois même instinctive.

En 2000 je publie deux livres en Europe. Le premier avec une collègue suisse Christiane Besson « Profession travailleur social : savoir évaluer, oser s’impliquer » chez Gaétan Morin Editeur Europe, Paris. Elle m’avait engagé comme formateur pendant de nombreuses années.

Le second que j’ai écrit seul en italien «Il case management comunitario» chez Liguori éditore. Il a contribué à me faire connaître en Italie où j’ai donné de la formation d’abord en approche réseau auprès de travailleurs sociaux, puis ensuite en suivi communautaire avec des équipes de psychiatrie. Publié en juin 2009, le thème du livre a été élaboré suite à une invitation que m’avait faite la directrice de l’Institut Victoria de présenter l’atelier annuel de l’Institut sur mon approche. L’Institut Victoria, situé à Montréal est spécialisé dans le traitement et la formation pour les troubles de personnalité états limite. J’ai toujours eu beaucoup de difficultés à répondre aux personnes qui me demandent de définir mon approche, d’autant plus que ma pratique a été très polyvalente, autant au niveau des lieux de pratique que des clientèles.

Finalement j’en suis venu au constat que ce qui caractérisait ma pratique c’était les clientèles récalcitrantes, j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à devoir affronter les situations difficiles ou des personnes très peu motivées. Le cahier de formation, produit pour l’atelier est devenu ce livre

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