L’évaluation de dérogation : une occasion de mieux connaître son enfant?

Paul Maurice, président et directeur du CCPE

Plusieurs parents d’enfants nés dans les semaines qui suivent un 30 septembre, se posent la question du moment de l’admission de leur enfant à la maternelle ou en première année. En effet, l’enfant devrait-il attendre un an supplémentaire pour avoir cinq ans (pour la maternelle) ou six ans (pour la première) l’année suivante, ou ne pourrait-on pas l’admettre tout de suite, s’agissant d’une différence de quelques jours? La question devient plus criante si l’enfant manifeste le désir de fréquenter la maternelle soit par intérêt ou parce que ses amis le font, ou parce que les parents ou le service de garde décèlent que l’enfant a un esprit vif et fonctionne bien dans un groupe.

Le Ministère de l’Éducation applique depuis plusieurs années un règlement passablement exigeant. En effet, non seulement l’enfant doit-il manifester des capacités qui le placent nettement au dessus de la moyenne des enfants au plan intellectuel, social, affectif et psychomoteur, mais on doit aussi démontrer que le fait de ne pas obtenir de dérogation lui causerait un préjudice grave.

Souvent le parent qui veut faire vérifier cette situation doit s’adresser à des professionnels du secteur privé qui offrent ces services d’évaluation étant donné que plusieurs commissions scolaires ne sont pas désireuses d’assurer ce service considéré comme exceptionnel.

L’issue de l’évaluation ne va pas toujours vers une recommandation de dérogation, même si l’enfant manifeste de belles qualités dans les domaines évalués. La réaction des parents en est parfois une de déception. Nous pensons qu’il faut voir avant tout cette évaluation comme l’occasion pour le parent de connaître mieux son enfant, de voir comment il se compare à d’autres enfants et de voir comment son adaptation et son épanouissement peuvent être soutenus dans le cadre où il suit un cheminement scolaire peu importe qu’il soit régulier ou accéléré.

Dans ce cadre, nous vous proposons de profiter de cette évaluation de votre enfant, même si en cours de route on soupçonne qu’il ne pourra répondre aux critères édictés par le règlement du Ministère pour mieux comprendre son développement. Le tableau d’information collecté par le psychologue et ses collaborateurs pourra permettre de mieux connaître votre enfant à travers les tests, les informations et les observations réalisées par l’équipe. Un rapport peut résumer les éléments factuels, notamment une explication du Q.I. de l’enfant, mais donner lieu surtout à une discussion avec le psychologue sur ses caractéristiques et son évolution possible, par exemple des mesures d’enrichissement à l’école ou à la maison. C’est l’occasion pour les parents de poser des questions sur leur propre relation avec l’enfant, la maternelle et éventuellement l’école.

_______________________________

À propos de l’auteur: Paul Maurice, D.Ps., est président et directeur du CCPE. 

Laisser un commentaire