Les adultes qui ont survécu à un passé d’abus ou de négligence

Jérôme Guay en collaboration avec Rebecca Ganem

Plusieurs adultes qui consultent un psychologue ont des symptômes qui découlent du fait que leurs parents n’ont pas su répondre à leurs besoins de façon adéquate. Ils ont survécu soit à la maltraitance active ; on parle d’abus sexuels, physiques, psychologiques, négligence chronique et sévère. Les abus physiques sont parfois très violents et ressemblent à de la torture systématique. La maltraitance psychologique, même si elle ne laisse pas de trace visible, est plus destructrice que la violence physique, d’ailleurs elle accompagne souvent la violence physique. Elle se situe au cœur de la maltraitance, elle en constitue son élément le plus essentiel selon Lecomte (2004). Il peut également s’agir de maltraitance passive ; c’est-à-dire à la négligence où les parents n’ont pas été attentifs aux besoins de base ou de protection et d’amour. Dans les deux cas, les besoins et émotions des enfants n’avaient pas d’importance et n’étaient pas considérés.

Une forme particulière de négligence est vécue également par les enfants « adultifiés », ceux-ci ont dû prendre en charge un parent malade ou un membre de la fratrie (maladie physique ou problématique de santé mentale par exemple). Ils n’ont pas été considérés en tant que tels, mais pour leur utilité. Les besoins d’un ou des parents ont eu préséance sur leurs besoins d’enfant. Ils ont dû développer une maturité précoce, se construire eux – mêmes et forger leur identité en l’absence d’adultes pour les guider.

Le véritable trauma, sous-jacent à la maltraitance et à la négligence, c’est le fait d’avoir été abandonné, de ne pas avoir été protégé, de ne pas voir été important, de ne pas avoir compté. Plusieurs personnes, qui ont survécu à la maltraitance, disent que la peur de l’abandon est plus souffrante que la douleur physique ou morale. Souvent, les troubles anxieux ou les réactions dépressives ont comme fondement la peur de l’abandon.

Les abus correspondent bien souvent à des évènements traumatiques qui se sont produits de façon répétée. Ils ont laissé des marques, car ils ont été perpétrés par les personnes les plus significatives dans la vie de l’enfant dans des étapes de grande vulnérabilité et de construction de soi. Ces évènements traumatiques répétés excédaient les capacités de l’enfant à protéger son bien-être psychique et son intégrité. Il en est de même pour la négligence, ce qui a pu avoir comme impact de compromettre le développement de l’enfant.

Certains clients ont des souvenirs très vifs des agissements traumatiques de leurs parents. Pour d’autres, ce n’est qu’une fois parvenu à l’âge adulte, que les évènements, qui avaient été oubliés, leur reviennent à la mémoire. Ou encore, ces évènements prennent un nouveau sens et sont définis et revécus émotivement comme ayant été abusifs ou négligents. Mais certains des survivants de la maltraitance et de la négligence ne viennent pas consulter pour leur passé traumatique, car leur expérience de vie infantile faisait partie d’une réalité quotidienne familière et normale ; ils n’y trouvent rien de notable. De plus, plusieurs clients n’ont jamais perçu leur famille comme ayant eu une influence nocive sur eux. D’autres ont un grand besoin de préserver une image positive de leurs parents ; ils protègent ainsi leur propre image d’eux-mêmes et conséquemment leur identité. Ces clients sont préoccupés par leur humeur anxieuse ou dépressive ou par les difficultés qu’ils vivent dans leurs relations de couple ; ils veulent améliorer la régulation de leurs émotions et leurs relations interpersonnelles.

Nous répondons toujours aux besoins et préoccupations des clients tels qu’ils les expriment, sans tenter de les convaincre que la source de leurs difficultés réside dans leur passé traumatique. Nous cherchons à créer une relation de confiance et, au rythme des personnes, les aidons à identifier et réguler leurs états émotifs.

Voici les impacts fréquents d’un passé d’abus ou de négligence :

  • Des difficultés dans la régulation des émotions;
  • L’évitement des émotions pénibles par la dissociation, la consommation ou la compulsion;
  • Une mauvaise estime de soi;
  • Des difficultés dans les relations interpersonnelles.

Ces symptômes de base sont très généraux, et ce ne sont pas toutes les personnes avec un passé d’abus ou de négligence qui ont tous les symptômes avec un degré égal de sévérité ; il y a de grandes différences dans la variété et la sévérité d’une personne à l’autre.

Difficultés dans la régulation des émotions

L’histoire d’abus ou de négligence crée des états persistants d’anxiété, ou de colère ou de dépression. Les personnes sont souvent habitées par des états chroniques de grande détresse émotionnelle ; les émotions sont vécues comme des vagues avec des pics d‘intensité. Les clients nous disent : « J’ai des émotions très pénibles qui m’envahissent tout à coup, je ne sais pas d’où elles viennent, je ne sais pas pourquoi je les ai, et je ne sais pas comment m’en défaire ». Même si les clients vivent des périodes au cours desquelles les émotions sont atténuées, ils disent qu’elles sont toujours là, prêtes à ressurgir à tout moment.

Chez certaines personnes, il y a parfois un sentiment de « catastrophe appréhendée », leur stress et leur angoisse expriment la quantité d’énergie qu’ils doivent consacrer à éviter le danger imminent. Chaque expérience négative dans leur vie professionnelle ou personnelle vient confirmer leurs craintes chroniques. La peur de l’abandon peut être une forme de catastrophe appréhendée vécue très intensément, cette terreur peut être pire qu’un danger externe comme une agression, ainsi que certains clients nous l’ont exprimé.

Lorsque l’expérience vécue par l’enfant était constituée d’agressions et de menaces, cela a créé un état constant d’adaptation vigilante et défensive. Les interactions familiales ont conditionné l’enfant à se focaliser sur les dangers et la survie au lieu de l’apprentissage, il a appris à éviter les dommages plutôt que de s’ouvrir à des expériences nouvelles. Devenus adultes, ils ont conservé cet état de vigilance, même s’ils n’en ont plus besoin ; ces réactions d’alerte surgissent sans raison apparente et plusieurs symptômes d’angoisse et de panique y sont reliés. Leurs réponses à la menace, rapides et automatiques, impliquent des portions primitives du cerveau (amygdale), escamotant les parties impliquées dans des adaptations plus complexes ; ces réactions de survie sont pré – conscientes et s’effectuent en une fraction de seconde. Les clients se plaignent souvent que leurs émotions sont hors de leur contrôle or, les résultats obtenus par l’observation directe du cerveau, que permettent les nouvelles techniques d’imagerie mentale, démontrent que les expériences traumatiques infantiles s’impriment dans le cerveau. Quand les clients nous disent que leurs réactions sont automatiques, comme un réflexe, ils ont raison, c’en est un. Mais les recherches démontrent aussi que le cerveau est très malléable, les réflexes pouvant se désapprendre.

Certains enfants ont réagi en apprenant à faire face au danger, mais ont appris en même temps à ne pas ressentir. Certains survivants de l’abus ont développé une sorte d’anesthésie affective, parfois vécue comme une absence d’empathie, par les proches. Ils ont par contre d’excellentes capacités de résolution des problèmes, sont très efficaces au travail ; leur enfance leur a appris qu’ils devaient se débrouiller seuls.

D’autres ont appris à ressentir, mais ne savent pas comment faire face aux difficultés. Ces personnes sont constamment habitées par la peur et l’insécurité, elles se sentent démunies, ce qui les met à risque de dépendance affective et d’exploitation, car elles recherchent des personnes qui vont les sécuriser.

Une autre émotion très importante, souvent négligée, est la honte, une honte paralysante, très souvent liée à la peur ; les personnes se méprisent elles – mêmes. C’est une émotion très forte, pas toujours exprimée spontanément ; elle est l’expression émotive de la mauvaise estime de soi, dont nous discutons plus bas.

Notre priorité est d’aider les clients à accroître, le plus rapidement possible, leurs capacités à identifier leurs fortes émotions puis à les moduler, plutôt que de chercher à les éviter. Il existe plusieurs techniques qui sont proposées pour aider les clients à moduler et réguler leurs émotions ; nous avons écrit un texte sur la régulation des émotions que vous pouvez consulter. Nous suggérons parfois des exercices à faire à la maison.

Pour favoriser l’expérience de ressentir et nommer l’émotion, nous demandons par exemple aux personnes d’écrire leurs émotions au lieu de les agir ou de les fuir. Par exemple, nous pouvons suggérer de diminuer un comportement compulsif et d’écrire ce qui est ressenti. Le recours au journal des émotions ou la rédaction d’une lettre à un proche (parent abuseur, ex-conjoint, etc.), mais sans la leur faire parvenir, sont d’autres moyens.

Évitement des émotions

Lorsque les émotions deviennent trop pénibles, les personnes vont chercher à les éviter de plusieurs façons. Or, les recherches, de même que l’expérience clinique, démontrent très clairement qu’essayer d’éviter les émotions produit l’effet contraire, parce que la suppression accroit les affects négatifs et augmente l’activation physiologique. Supprimer ou éviter les pensées, sentiments  ou comportements  a pour effet que ce qui est supprimé devient intrusif et prend une valence négative ; en somme, plus on essaie de fuir ou de supprimer les émotions, plus elles s’amplifient ; il faut donc les affronter.

C’est pourquoi nous demandons aux clients, quand ils se sentent prêts, de se laisser envahir par l’état de panique, de détresse ou de honte. Le lien de confiance doit être solidement établi afin que les personnes se sentent suffisamment en sécurité pour accepter de faire ce qui est contre nature pour elles. Nous savons que ce que nous leur demandons est très difficile, mais nous sommes là avec elles et leur assurons que rien de mal ne va leur arriver. Parfois nous utilisons la métaphore de se laisser flotter sur le dos dans un fort courant de rivière ; c’est épeurant, mais nous sommes sur la rive et les accompagnons. Provoquer de façon délibérée un accroissement de la détresse signifie que l’on est un peu plus en contrôle de ses émotions au lieu de les subir contre sa volonté.

Si on peut accroître le malaise on peut aussi accroître délibérément le bien-être. Ainsi nous aidons les clients à identifier les activités qui les font se sentir bien (marche, musique, activité physique) et les encourageons à les pratiquer souvent afin de développer le réflexe de s’auto-réconforter (self soothing). Lorsque les clients n’arrivent pas à identifier d’activités, nous pouvons utiliser la technique de visualisation dirigée qui crée un monde de fantaisie pour provoquer le bien-être.

Ayant progressivement acquis la capacité à réguler leurs émotions et à créer par eux-mêmes des états de bien-être intérieur, les clients sont prêts à remplacer les émotions de peur, de colère ou de honte par la tristesse, qui est une émotion normale.

Voici comment les clients cherchent à éviter leurs émotions :

  • L’amnésie;
  • La dissociation;
  • Les compulsions;
  • La consommation;
  • L’auto mutilation.

Amnésie

L’amnésie est l’absence de souvenirs, par rapport aux évènements traumatiques d’abus ou de maltraitance. Il n’est pas rare que les clients aient chassé ces souvenirs de leur mémoire, mais ils peuvent réapparaitre à l’improviste (flashbacks), par exemple à la fin de la vingtaine ou au début de la trentaine. L’amnésie est un mécanisme de protection qui a permis au client d’éviter de ressentir une émotion trop pénible qui aurait menacé son équilibre psychologique. Nous préservons cette fonction de protection et n’insistons jamais pour récupérer ces souvenirs ; notre priorité est de protéger le fonctionnement psycho social. Il n’est pas conseillé d’avoir recours à des méthodes particulières, comme l’hypnose, pour faire revenir les souvenirs à la mémoire; il y a un risque de créer des faux souvenirs, surtout si les évènements ont eu lieu en bas âge (4, 5, 6, ans).

Étant donné que ces souvenirs sont intimement liés à des émotions, il est prudent d’attendre que les souvenirs remontent naturellement à la surface à mesure que les clients apprennent à exprimer leurs émotions.

Dissociations

Ce que nous appelons dissociation est l’absence de conscience par rapport à des gestes qui ont été posés. Des clients sont très surpris lorsque leurs proches leur décrivent leurs comportements dont ils n’ont aucun souvenir; ils ont l’impression d’être fous. Mais la dissociation est un mécanisme de protection normal contre une émotion extrêmement pénible. On pourrait faire l’analogie avec un fusible qui saute, coupant le courant électrique, afin d’empêcher une surcharge.

Ce mécanisme de protection s’étend parfois, comme une tâche d’huile, à d’autres domaines de la vie et peut prendre toutes sortes de formes :

  • Diminution de la conscience de l’environnement immédiat;
  • Dépersonnalisation, détachement, observation de la vie de l’extérieur;
  • Monde de fantaisie (imagination) très absorbant;
  • Fugues, c’est-à-dire se retrouver à un endroit, sans se rappeler s’y être rendu;
  • Sensation d’être divisé en partie;La dissociation est toujours précédée d’une émotion très pénible que l’on cherche à éviter.

Compulsions

Les compulsions sont des façons d’agir l’émotion au lieu de la ressentir ; elles peuvent prendre toutes sortes de formes, comme des comportements répétitifs concernant la propreté par exemple, mais aussi la boulimie ou autre manifestation. Chez certains (es) clients (es), la compulsion peut s’exprimer sous forme de jalousie excessive ; les comportements et attitudes du/de la copain/ine étaient faussement interprétés comme des menaces de rejet. La peur intolérable de l’abandon, déclenchée par un délai de réponse du/de la copain/ine à leurs téléphones ou courriels, est évacuée par des appels téléphoniques ou messages courriel répétés. Ces comportements de harcèlement, pour éviter de ressentir la détresse, conduisent souvent à des ruptures de couple.

Consommation

Des survivants de la maltraitance et de la négligence ont parfois aussi recours à des méthodes inadéquates pour évacuer les émotions pénibles comme la consommation. On appelle cela l’auto – médication, dans le sens où la drogue ou l’alcool chasse les émotions pénibles. Mais, même si la consommation produit l’effet désiré à court terme, plus cette habitude devient chronique, plus les effets indésirables s’accentuent et moins les effets positifs durent longtemps.

Notre approche consiste à demander à la personne de retarder ou de diminuer sa consommation au lieu de recommander l’abstinence. Puis nous lui proposons d’explorer, avec une attitude de curiosité, le dernier incident, ce qui l’a déclenché, son contexte d’apparition, l’intensité de l’angoisse à ce moment.

Auto mutilation

Les personnes qui se blessent délibérément, comme se taillader les poignets, cherchent aussi à éviter une émotion pénible ; car ce geste provoque la sécrétion de la dopamine qui a un effet calmant. Elles doivent apprendre à tolérer leur détresse plutôt qu’avoir recours à ce mécanisme d’évitement.

Ces comportements qui passent par l’agir, permettent d’évacuer l’anxiété et la détresse à court terme mais sont potentiellement nuisibles, dangereuses et auto – destructrices à long terme pour les clients. Ils se sont développés, entre autres, parce qu’on ne leur a pas appris des méthodes plus fonctionnelles de moduler les émotions pénibles et ils persistent parce que le client ne connaît pas d’autres méthodes pour procurer un soulagement immédiat.

Mauvaise estime de soi

Une estime de soi très basse est un symptôme quasi universel chez les adultes qui ont survécu à la maltraitance ou à la négligence. Ils ont un sentiment chronique de culpabilité et de honte, un sentiment de ne pas avoir de valeur, d’être mauvais, ne méritant pas l’attention des autres. Ils vont toujours être portés à se blâmer et s’attribuer la responsabilité pour des difficultés à l’emploi, ou dans leurs relations de couple. Ils vont même aller jusqu’à penser qu’ils méritent ce qui leur arrive. Leur dialogue interne répète les critiques et blâmes entendus dans leur enfance ; par exemple qu’ils sont inférieurs, stupides, paresseux ou sans valeur. D’autres se voient comme des personnes endommagées, handicapées ou malades mentales ; certaines personnes ne pensent pas qu’elles ont le droit d’exister.

Les fausses croyances négatives à propos de soi sont très difficiles à corriger. De plus, la famille n’a souvent pas su apprendre à la personne à exercer une pensée réflexive, ce qui contribue bien souvent à l’incapacité de se fier à son propre jugement ou au besoin excessif de plaire et de se conformer. Nous pouvons progressivement identifier ensemble les fausses croyances, les questionner et les aider à développer un autre regard, différent, sur eux-mêmes.

Pour contrecarrer cette auto – dévaluation, nous pouvons mettre en évidence les impacts positifs d’une enfance d’abus.

Les compétences

Les personnes qui ont survécu à la maltraitance n’ont pas que des symptômes ou des handicaps; les symptômes pourraient être re-définis comme des réactions normales à des situations anormales; leurs réactions d’adaptation et de survie étaient appropriées et les seules possibles; l’abus n’est pas un symptôme mais une expérience de vie.

L’expression « Survivants adultes de la maltraitance », a l’avantage de mettre l’accent sur la cause et sur les forces, qui est un des objectifs du traitement. La résilience est souvent mentionnée comme un des traits de caractère des survivants adultes d’une enfance marquée par les mauvais traitements ou la négligence. Ces personnes ont acquis une capacité d’endurance hors du commun face à des expériences stressantes, par exemple certaines sont capables de supporter un climat de travail tellement mauvais que les collègues quittent parce qu’ils n’en peuvent plus. D’autres vont faire preuve d’une absence de peur face à des situations menaçantes qui font fuir les autres. Plusieurs ont acquis une détermination qui les pousse à franchir les obstacles qui se dressent devant eux pour leur accomplissement professionnel ; les amis et collègues sont impressionnés par leur force de caractère. Certains font preuve d’une grande adaptabilité qui les rend capables de composer avec toutes sortes de situations variées.

Les personnes, qui ont appris à survivre aux humeurs explosives et imprévisibles de leurs parents, ont développé une super intuition et une grande capacité à ressentir les émotions des personnes autour d’eux ; elles n’avaient pas le choix de développer ce « radar » intuitif car leur survie dépendait de leur capacité à anticiper les humeurs. Quant aux enfants, qui ont dû prendre soin d’un des parents, ils sont appréciés comme adultes parce qu’ils ont beaucoup d’empathie, ont à cœur ce qui arrive aux autres et savent comment les soutenir.

Les épreuves de la vie qui ne réussissent pas à tuer une personne la rendent plus forte, dit un vieux dicton. Mais la plus grande force de caractère et la résilience n‘enlèvent pas le mal-être intérieur pour les personnes qui ont subi ce stress traumatique de façon prolongée durant leur enfance.

Nous amenons parfois les clients à actualiser leurs compétences dans l’action. Par exemple pour des clients constamment rabaissés et invalidés dans leur enfance, nous recommandons de faire du bénévolat, sachant que leurs qualités y seront reconnues.

Relations interpersonnelles intimes

Même si la sphère professionnelle a été préservée pour plusieurs clients; ils ont de gros problèmes avec les relations intimes. Le contraste est parfois frappant entre le grand succès professionnel de certains d’entre eux et leurs inaptitudes dans leurs relations de couple. Plusieurs reproduisent, à des degrés divers, les relations abusives ; par exemple, des femmes vont toujours se retrouver dans des relations avec des hommes qui les rabaissent, les diminuent et attaquent leur estime d’elles-mêmes.

L’impact le plus dommageable est causé lorsque les figures parentales étaient à la fois des sources de soutien et des sources d’abus. L’amour et la protection étant toujours accompagnés d’abus, ils ont appris à tolérer et à accepter que les rapports intimes soient abusifs. Certains enfants ont vécu des expériences qui s’apparentent à un conditionnement, dans le sens qu’ils étaient toujours soumis à la même séquence d’évènements, par exemple le parent pouvait répondre aux besoins d’affection de son enfant en le cajolant, pour ensuite lui faire mal physiquement ou psychologiquement. Pour ces personnes, leur expérience infantile les a conditionné à associer amour et abus, de telle sorte qu’elles vont s’engager dans des relations amoureuses abusives; pour elles l’amour fait mal.

Les abus ont comme effet d’accroître chez l’enfant les besoins d’affection, de telle sorte que, rendu à l’âge adulte, il va être porté à tout faire pour obtenir la plus petite marque d’attention, même à subir les abus.

Pour d’autres, il y a une méfiance chronique, une peur de l’abandon ou une anesthésie affective. Ils abordent leurs difficultés conjugales comme un problème à solutionner, comme ils le font à leur travail. Ils ne comprennent pas et ne savent pas comment faire lorsque leur conjointe leur demande d’exprimer leurs émotions. Il n’est pas rare que des femmes amènent leurs conjoints en thérapie de couple, en se plaignant qu’ils manquent d’empathie ; ceux-ci sont désemparés, car ils ne savent pas comment devenir empathiques.

Certains, malgré les abus et la maltraitance, ont conservé un instinct qui les fait choisir des personnes qui les aiment, les soutiennent et prennent soin d’eux.

Dysfonctionnement en société

Au-delà des impacts directement reliés aux abus et à la négligence, il y a les conséquences d’avoir vécu dans un environnement familial désorganisé, et plusieurs des difficultés que vivent les survivants seraient dues au contexte familial dysfonctionnel. Ce contexte familial se caractérise souvent par des conflits et une atmosphère chaotique.

Ainsi, les figures parentales ne leur ont pas appris l’affirmation de soi, la prise de décision, la capacité à identifier ses émotions et comment solutionner les conflits interpersonnels. De plus, il y a souvent du désespoir, un sentiment de vide, de ne pas trouver de sens à leur vie et aussi des problèmes d’identité, ne pas savoir qui ils sont.

Le client est conscient de ses déficits développementaux et de son manque d’habiletés sociales ; le client doit faire le deuil de ne pas avoir été un enfant « normal », mais aussi faire le deuil du parent aimant et soutenant ; en somme, accepter, avec l’émotion « normale » de tristesse, de ne pas avoir été aimé et protégé. Le processus de deuil amène avec lui une attitude de compassion envers soi-même, qui remplace l’auto critique.

Les relations avec la famille d’origine

Il est fortement déconseillé de tenter de régler ses comptes avec ses parents abuseurs; il est préférable de rompre ou de diminuer les contacts. C’est ce que disent la quarantaine de personnes, qui avaient été sévèrement maltraitées mais qui fonctionnaient assez bien, dans une étude américaine réalisée par O’ Connell Higgins (1994). Elle leur avait demandé comment elles avaient réussi à avoir une vie relativement normale et il est ressortit qu’elles avaient toutes rompu ou diminué les contacts avec leur famille. Elles ont préféré mettre du temps sur leurs propres besoins plutôt que sur le pardon et ont choisi de s’investir dans leur famille et leur fonctionnement socio professionnel. C’est dans un but de protection de soi que les contacts doivent être soit rompus, soit distancés ou atténués, soit encadrés dans des limites claires; cette distanciation s’inscrit dans la démarche de prendre soin de soi et de s’auto – réconforter.

Cet article rédigé initialement le 18 juillet 2014 a fait l’objet de quelques modifications en date du 22 avril 2016.

Pour aller plus loin :

Lecomte, J. (2004). Guérir de son enfance. Paris : Éditions Odile Jacob.

O’ Connell Higgins, G. (1994). Resilient adults : overcoming a cruel past. San Francisco: Jossey Bass Publishers.

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À propos des auteurs: Jérôme Guay, Ph.D., et Rébecca Ganem, M.Psy., sont tous deux psychologues au CCPE et ils travaillent en collaboration avec  Diane Uwanyirigira, M. Psy., psychologue.

Tous les trois offrent en équipe des services de psychothérapie et de counseling nottament à distance, en télépsychologie, auprès des adultes ayant vécu des expériences traumatisantes durant l’enfance.

Retrouvez tous les détails de l’Équipe en maltraitance et en trauma ici : http://www.ccpeweb.ca/equipe-en-maltraitance-et-en-trauma/ .

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94 réponses à Les adultes qui ont survécu à un passé d’abus ou de négligence

  1. xj 10 août 2017 à 3 h 18 #

    Bonjour

    Enfant battu et témoin de violence conjugale (c’est mon père qui nous faisait vivre l’enfer ) traverse à l’âge adulte de son période d’angoisse et d’anxiété. En particulier lorsque cela touche ma santé.
    Le moindre truc suspect et je cogite. J’ai une tumeur, j’ai ceci ou cela..etc..En d’autres terme je suis devenu je crois hypocondriaque. Comme si il y a avait cette peur que quelque chose m’arrache à la vie. Un enfer!
    Peut-il y avoir un lien de cause à effet avec la maltraitance?

    Brièvement, tout a commencer en 2009 avec notamment la naissance de mon fils.
    Notre couple battait d’une part de l’aile et était voué à l’échec mais parfois je pense que d’être devenu père m’a « fragilisé ». Dans ce sens où cela m’a peut-être fait remonter des tas de choses en surface.
    A l’époque s’en est suivi 1 an 1/2 de dépression. Avec traitement et suivi psy.
    Je n’étais pas bien dans ma vie. je n’étais pas heureux.

    A l’heure actuellement j’ai l’impression de sombrer à nouveau.
    J’ai refait ma vie. Famille recomposée et son lot de difficulté. Je suis à mon compte et son lot de stress. Un problème à l’œil jumelé à une grosse période de stress dernièrement et bim me revoilà tomber dans mes travers de malade. j’ai fait part à mon médecin de ma fatigue lui réclamant un substitut en vain. puis finalement après l’avoir relancer je suis sous Xanax pendant 10 jours. j’ai honte mais j’en sentais le besoin.
    Je le précise car aucun des témoignages que j’ai lu jusqu’à présent ne fait part de ce côté des choses. (je ne les ai pas encore tous lu).

    Je ne supporte plus ces périodes où je ne sens pas heureux.
    Chez ma psy je ne m’autorise pas à craquer je n’y arrive pas.
    J’ai le sentiment que mon mal être grandit avec le temps aussi curieux que cela puisse paraître. J’ai l’impression de ne jamais faire les bon choix pour moi ou tout du moins de ne pas y arriver. j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur avec mon fils et je me trouve parfois dure avec lui..

    Je ne suis jamais plaint et je n’ai jamais été une victime
    Pourtant je crois que les choses me rattrapent et je me rends compte peu à peu à quel point il m’a brisé.
    Bien qu’ayant conscience de cela je n’arrive pas à me libérer et à lâcher prise..

    Enfin je suis entrain de mener des démarches pour retrouver cet homme là.
    je souffre malgré tout de ce manque d’un papa.
    Je ne sais même pas si il m’a serré dans ses bras. A 4 ans je disais parait-il que je le tuerai. Biensur je suis rempli de rage mais peut-être est-il pris de regret.
    J’ai ce besoin de comprendre et ce besoin de lui dire à quel point il m’a brisé et à quel point il manque à vie.
    J’ai bien lu qu’il ne fallait peut-être pas retrouver ses abuseurs mais c’est à lui que je veux tout dire. Je veux que ce soit lui qui entende…

    Merci pour cet article qui permet une meilleure compréhension de nos fonctionnements.

    • coussin 14 août 2017 à 5 h 14 #

      Bonjour xj,

      J’ai lu avec attention ton témoignage. Je souhaite rebondir sur ta volonté de vider ton sac à ton père. As-tu pensé à lui faire parvenir un courrier si tu as connaissance de son lieu d’habitation? Je l’ai fait de mon coté et ça ma soulagé un temps. Seulement, pour le manque, il n’y a hélas rien à faire…
      Cordialement,

      Coussin

    • Katia 21 août 2017 à 13 h 49 #

      J’ai pleurer en lisant ton histoire.
      J’ai plus l’impression d’etre bizarre et seule.

  2. coussin 7 août 2017 à 5 h 06 #

    J’ai lu chacun de vos commentaires et je suis surprise de voir à quel point l’homme peut être néfaste pour autrui. Pour mon témoignage, je suis issu d’une famille de huit enfants et j’ai été placé à 13 ans au titre de la protection de l’enfance.
    Avant cela j’ai grandi dans un climat d’insécurité et de violence physique et psychologique venant de ma « mère ». Niveau environnement, ce n’était pas mieux ! Je vivais dans une tour de 15 étages et mon appartement était infesté de cafards ! ( vous verrez que ce détail à prie un sens bien particulier par la suite.)

    La vérité sur mon histoire m’a éclaboussé au visage à mes 10 ans. Où étant la dernière de ma famille, il ne restait que ma grande sœur de cinq ans d’écart et moi au domicile. La police s’est rendu chez moi pour informer ma « mère » que mon « père » était incarcéré pour abus sexuel et ma sœur a été placer quelques semaines plus tard.
    J’ai subi, l’emprise et le rejet de ma « mère », ses insultes et ses coups jusqu’à mon placement en urgence qui s’est déroulée ainsi. Mon « père » libéré avant sa peine pour « bonne conduite » mon audience a été avancée. La juge ayant mis ma « mère » face à sa réalité entre protégés son enfant et divorcé de son mari. Elle a exprimé le fait qu’elle ne peut vivre sans son mari et j’ai été placé le lendemain en urgence en foyer départemental.
    L’histoire hélas une s’arrête par là ! J’ai su par la suite que mon « père » avait déjà été condamné pour mes autres sœurs et que de surcroît ma « mère » l’avait ré accueilli chez nous malgré cela et qu’elle nous avait condamnée à vivre le même sort. J’ai compris aussi pourquoi chaque nuit elle nous enfermait dans notre chambre jusqu’ au matin. Mais que bien sûr cela n’a pas suffi pour nous épargner.
    Cette vérité mettait insupportable et je ne cessais de culpabiliser envers ma sœur car nous partagions la même chambre. En y pensant je me rendais compte que malgré mes efforts, je ne me rappelais de rien, d’aucun souvenir dans cette chambre. Cette amnésie dans cette chambre me suis encore et encore… qui signifie aussi le doute à jamais pour moi. Seulement un souvenir est revenu à ma majorité dans la salle de bain lorsque j’étais enfant et s’arrête lorsque mon « père » a ouvert la porte avec un tournevis (vu qu’elle était fermé à clef) et me dévisageait à travers le miroir en se rasant et mon souvenir s’arrêtent.
    Résultat, à 14 ans, mon mal m’a amené à m’automutiler, comme si ce geste me permettais de me rappeler que je suis vivante. Mon mutisme, ma poussée aussi a l’hôpital où j’ai voulu en finir avec la vie. Sans est suivi une vraie difficulté à avoir une relation amoureuse jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Je n’ai pu mettre des mots sur mon histoire qu’à mes 21 ans, ce qui m’a coûté une rupture sentimentale très douloureuse.

    À mes 18 ans je suis parti en MAJO= un 9 mètre carré jusqu’à mes 20 ans car bien sûr je n’avais aucune situation. Avec l’aide de mes éducateurs j’ai pu bâtir une vie professionnelle dans un premier temps comme AVS. Seulement, j’ai rencontré bien des difficultés dans cette piaule. Ayant découvert la liberté due à la majorité, je suis devenu complètement toxico. Entre cannabis, ecstasy et tout ce que le monde de la nuit pouvait me procurer. C’était une manière, ayant le recul maintenant de mettre de coté ce mal que je ne pouvais affronter car je devais me sortir de là et prendre mon indépendance pour ne pas finir SDF.
    J’ai fini par arrêter la drogue dure et mener une cure dans ce neuf mètre carré, seul bien sûr qui m’en laisse un goût amer. Cette piaule mon fait ressentir beaucoup de rancune car cette « cellule de prison » ce n’est pas moi qui aurais dû y vivre !
    J’ai fini par arrêter la drogue dure et j’ai mené une cure dans ce neuf mètre carré, seul bien sûr, ce qui m’en laisse un goût amer. Cette piaule m’a fait ressentir beaucoup de rancune car cette « cellule de prison » ce n’est pas moi qui aurais dû y vivre !
    Après beaucoup d’échec d’un point de vue sentimental et cette fameuse rupture. J’ai du vire seul pendant trois ans ou j’ai dû affronter mon mal, sans thérapie, juste avec moi. J’ai alors été confronté à ces crises d’angoisse incessante qui tord le ventre. À mes crises de panique à chaque fois que je prends ma douche, à me brûler les yeux pleins de savon pensant que quelqu’un allait entrer. À ce vide qui est toujours présent et qui ne partira jamais. À affronter ma peur de tout insecte rampant qui me donne des sueurs et des cauchemars. J’ai dû apprendre aussi à me protéger en coupant les ponts avec toute ma famille dans son intégralité et tout ce que cela implique en matière de colère, de culpabilité et de manque. D’accepter les conséquences de ses « parents défaillants ». Il m’est impossible de maintenir un lien avec mes sœurs car chacune d’elles traîne son propre boulet et chacune d’entre elles et marqués à vie. Si je veux survivre à ça je ne peux rester figé dans le passé qui a prie le pas sur leurs présents. Quant à mon seul frère, « mes parents » l’ont rendu . J’ai donc dû faire le deuil d’un frère que j’aimais beaucoup et qui est complètement zombifié actuellement et qui en plus est encore sous l’emprise de « mes parents ».

    À présent j’ai 29 ans, je vis enfin une histoire seine avec mon compagnon depuis deux ans. J’arrive à lui laisser sa place et j’arrive enfin à vivre avec quelqu’un en partageant un bien commun. ( il m’a été très difficile de franchir ce cap car cela implique de ne pas pouvoir tout contrôler. De vivre éventuellement encore mon pire cauchemar celui de l’abandon.) Je suis également monitrice éducatrice car bien sûre comme on voit dans cet article j’ai développé des compétences qui me permettent de faire ce métier sereinement et avec beaucoup d’investissement. Malgré le pas-de-géant que j’ai franchi, le plus dure que je vis actuellement est le manque. Je rencontre actuellement quelques troubles alimentaires en lien avec le manque affectif que j’ai vécu. Je me bas et me battrais toujours pour être avoir une vie « normal ». Aussi, « mes parents » vieillissent à présent j’ai si peur qu’un jour au titre de l’obligation alimentaire on me demande de m’occuper d’eux. Je ne m’en remettrais pas !
    Surtout, je commence à penser à la parentalité et j’ai si peur de faire comme ma « mère ». Beaucoup de mes neveux ont été placé…
    À vous tous, merci de vos témoignages qui m’ont donné le courage de partager mon histoire de vie. N’oubliez jamais toute la force qui vous anime et qui fait la merveilleuse personne que vous êtes à présent. J’espère que chacun d’entre vous arrivera à apaiser son âme. Ce combat est le nôtre, à nous seul d’en sortir victorieux.

  3. Mabac 6 août 2017 à 7 h 15 #

    Bonjour,

    Votre article a eu une grande résonance, j’ai le sentiment d’y lire ma vie. J’ai un long passé de suivi psy à seulement trente ans : le premier fut à six ans pour énurésie, le second vers 9 ans, le troisième à 17 ans pour un mal être général, le quatrième à 18 ans puis un suivi en hôpital pour TCA… Je ne parle pas des hypnothérapeutes, des magnétiseurs et autres dans une éternelle quête de comprendre ce mal de vivre qui m’habitait et me poussait dans des comportements auto-destructeurs, dans de l’anorexie émotionnelle, une dissociation du corps et de l’esprit ; la liste serait incroyablement longue, et vous les résumer tous tristement à merveille.
    Après une année de thérapie suivie assidûment (une première) et relevant d’une démarche intime (à la différence des soins obligatoires en l’hôpital de jour), j’ai fini par comprendre et accepter la réalité : avoir été une enfant abusée. Je n’ai pas été battue, je n’ai pas été touchée sexuellement, je n’ai pas été abandonnée ni négligée physiquement. Et pourtant, j’ai grandi dans une famille incestuelle (au sens de Racamier, j’ai d’ailleurs lu son livre avec intérêt) avec des parents eux-mêmes issus de ce type de famille. Une espèce de longue lignée de gens cassés qui se sont tous reproduits pour perpétuer cette atmosphère tordue sans tâcher d’y mettre d’un terme. J’ai grandi avec une mère morte à l’intérieur d’avoir subi des violences sexuelles et des carences affectives violentes. J’ai grandi avec un père lunatique et colérique n’étant capable d’aimer que par intermittence. J’ai été une enfant précoce, tellement autonome et indépendante que je suis devenue une mini-adulte comprenant trop rapidement les problèmes d’adultes et leurs angoisses, devenant le réceptacle de leurs carences et devant rapidement assumer mes choix (exemple : tu as choisi d’être anorexique, tu choisis de fumer et de te mettre en danger etc.). J’ai grandi dans une famille fusionnelle où le monde extérieur était vu comme méchant et dangereux. Le foyer était secret et personne ne pouvait rentrer dans notre univers. L’intimité n’existait pas puisque nous n’étions qu’un individu malgré notre famille de quatre (parents et deux enfants). Bref, il serait tellement long de faire l’état de ma vie et l’acceptation de poser ces mots sur mon histoire fait ressortir un tas de souvenirs qui ne s’avèrent finalement pas si « normaux » que cela. C’est finalement le classique schéma de la victime qui adhère à la théorie de ses bourreaux.

    Malgré cela et le choc que je vis actuellement, j’ai apprécié la partie sur les compétences que vous mettez en évidence. Après avoir eu le sentiment d’être brisée pour toujours, incapable de construire une relation et incapable de pouvoir fonder une famille, j’ai pris conscience que dans chaque trauma naît aussi une force incroyable. J’ai développé une grande intelligence pour compenser, une curiosité insatiable et un goût pour les études qui n’a cessé de me sauver lorsque j’étais à deux doigts d’abandonner pour me laisser sombrer. J’ai effectivement ce don fou de cerner les gens à une vitesse incroyable et de réussir à m’entourer (du moins pour le professionnel et l’amitié) d’individus bienveillants qui m’apprécient voire m’aiment vraiment pour qui je suis malgré mon « étrangeté sociale » qui guette parfois. J’ai une endurance à la difficulté et aux situations anxiogènes très forte, et si je finis parfois dans des états nerveux violents, je m’en remets toujours. Je n’ai peur de rien ni de personne puisque rien ne peut être pire que la personnalité de mon père et qu’aujourd’hui, j’ai la capacité de me protéger et de me sauver quoiqu’il arrive (même s’il faut que je touche quelques limites). Je possède un optimisme extraordinaire et suis convaincue que je m’en sortirais toujours, une intime conviction n’a jamais cessé de me quitter.

    En somme, même si j’apprends aujourd’hui à me redéfinir avec cette acceptation d’avoir été une enfant abusée (cela reste compliqué à dire malgré tout) par des parents eux-mêmes abusés, je tente de me focaliser sur les qualités et les compétences que cette éducation et cette vie m’ont donné, et ce, grâce à votre article. Alors, un grand merci pour m’aider à choisir, une fois encore, l’optimisme et le bon côté de la vie !

    • MARGOT 20 août 2017 à 10 h 19 #

      Bonjour,

      Votre histoire ma beaucoup touchée, bien que la mienne soit différente.
      Je souhaitais vous raconter ma propre histoire de mère. J’ai eu des jumeaux que j’ai eu la chance d’élever et de voir grandir, ils sont adultes maintenant.
      Mon histoire de parents violents avec un père alcoolique a laissé des séquelles et à un moment donné j’ai voulu m’en prendre à mes enfants. je sentais bien que mes réactions n’étaient pas normales alors j’en ai parlé à mon médecin qui m’a donné un traitement pour gérer mes crises de « rage » j’avais vraiment peur de faire mal à mes bébés que j’aimais tant.
      je ne voulais surtout pas ressembler à ma mère alors à chaque fois que je ressentais le besoin de m’attaquer à eux je sortais de leur chambre, je m’éloignais et la crise passait. j’ai lu tous les livres du professeur Marcel Rufo qui a été mon guide et j’ai également puisé les recommandations d’un livre de poche qui s’appelait SE FAIRE OBEIR SANS CRIER.
      Je pense qu’il faut faire confiance dans l’homme qui sera le père de vos enfants pour vous aider.
      IL ne faut surtout pas avoir honte de parler de vos problèmes s’ils apparaissent et demander de l’aide.
      Mes fils sont forts et en pleine santé, je suis fière d’être leur maman.
      Bon courage

    • Piou 4 septembre 2017 à 14 h 45 #

      Que tu arrives à te voir si positivement malgré ce que tu as vécu m’inspire grandement. Merci d’avoir partagé ton histoire; je suis rassurée dans mon éternel choix de toujours garder l’espoir que je pourrais me construire une vie différente de celle dans laquelle je suis née.

  4. harobed 5 juillet 2017 à 18 h 51 #

    Il y a de sa plusieurs année ou je me disait que c’était moi qui était faible et que je devais avancer et oublier ou juste passer a autre chose mais la je me suis rendu compte que déjà beaucoup plus de personne que je ne le pensais se retrouve dans une situation similaire a la mienne et en plus de constater que se n’est pas moi mais les épreuves de la vie qui m’on rendu ainsi grâce a cet article merci beaucoup.

  5. Paul 24 juin 2017 à 18 h 50 #

    Je me retrouve dans toutes ces blessures de l’âme et le pire c’est qu’il n’y a pas de prothèse pour une âme brisée alors que cela existe pour les membres manquants d’un corps physique ! On ne guérit pas de cela, on fait comme les rescapés des camps de la mort, on survit, on sourit même (faut forcer hélas) mais on doit vivre avec en essayant que les autres ne s’aperçoivent de rien, pas de prothèses non mais obligation de vous construire des façades acceptables question de survie ! J’ai tenté de me confier à des personnes que je croyais dignes de confiance hélas trahison sur toute la ligne ! Consolation, je les contemple en train crever la gueule ouverte eh oui ma compassion s’est envolée …pour toujours ! Ah ils avaient une belle jeunesse pleine de richesse et d’amour, ah ils chantaient alors des lendemains qui chantent mais la vie a de ces revirements parfois bien étranges mais qu’ils soient contents car moi j’ai été condamné à vie à un Auschwitz psychoaffectif, enfant non désiré mais accepté dans l’indifférence en plus dans une famille trop nombreuse ex.devoir dormir à 4 dans une même chambre garçons et filles ensemble, pas d’intimité à l’adolescence, rabaissement psychologique, énorme difficulté à nouer une relation avec une fille et ce jusqu’à l’âge adulte avancé ensuite traité de puceau, d’attardé, fais-toi pd m’a dit un jour une de mes soeurs; et donc obligé d’apprendre les rudiments du sexe chez une professionnelle puis l’alcoolisme qui a failli me tuer et d’autres personnes, culpabilité sans fin ah qu’elle est belle la vie …

  6. nat 1 juin 2017 à 21 h 01 #

    Bonsoir,

    Merci pour cet article très détaillé. J’ai été élevé par une mère négligente (peu de câlins, pas de discussion, pas de contact physique etc), elle n’est pas très évoluée intellectuellement et a des problèmes psy et par un père extrêmement égoïste et manipulateur. Extérieurement c’était la famille normale, c’est ça le pire ! Du coup j’ai encore du mal à me considérer victime de leur négligences à tous les deux. J’avais à manger, je n’étais pas frappée, j’avais des jouets. Mais j’étais le jouet de mon père (il aimait me manipuler, m’avoir à lui seul, me culpabiliser), ma mère, elle ne me montrait aucun amour. Un exemple qui la caractérise bien : j’ai 7 ou 8 ans, ma chatte a fait des petits dans mon lit en pleine nuit. Je me réveille toute contente et les câline, là elle arrive et les voit. Elle les embarque tous pour les mettre dans un seau d’eau. Je m’oppose en colère et triste tout en la traitant d’assassin. Elle se fiche totalement de ce que je peux ressentir, pas un mot, pas de compassion. La seule chose qu’elle avait retenu c’est que je l’avais traité d’assassin…

    Aujourd’hui à bientôt 40 ans j’ai réussi ma vie de couple (enfin j’ai trouvé un homme génial qui est l’opposé de mon père) mais ma vie personnelle est un ratage complet.
    – aucune confiance en moi
    – impossible de nouer des liens amicaux très longtemps
    – peur atroce que mon mari me quitte ou meure du coup je me sens en insécurité permanente
    – agoraphobie
    – phobie sociale qui m’empêche de sortir seule
    – attaque de panique
    – crise d’angoisses
    – insomnie
    – idées noires
    – incapacité à m’affirmer (à presque 40 ans je ne sais pas me défendre quand on m’attaque)
    – dépression régulières
    voilà ma vie de m…. grâce à 2 inconscients qui ont décidé de se reproduire. Perso je pense qu’il faudrait faire passer des tests à tous les futurs parents, ceux qui auraient des risques de comportements négligents ou violents devraient être stérilisés d’office
    J’aurais aimé ne pas naître !

  7. Malami 17 mai 2017 à 18 h 45 #

    Merci pour la publication de cet article je me suis retrouvée dans tout ce qui a été dit et depuis que j’ai commencé à lire je n’ai pas arrêté de pleurer car cela m’a fait remémorer tout ce que j’ai vécu ,mais cela m’a permis un peu de comprendre pourquoi je ressentais tout ce mal être!

  8. Marie 8 mai 2017 à 7 h 05 #

    Merci du fond du cœur, je ressens pleinement l’ensemble des éléments décrits.
    Je suis pleinement d’accord sur le fait que guérir demande d’accepter ses émotions ou sensations.
    La tristesse est notre amie en ce sens qu’elle nous montre le chemin de l’acceptation de notre condition d’enfant « anormal ».
    Pour tous ces enfants qui vivent ou ont vécu la même chose que moi, ce dont je suis sûre c’est que nous avons développé une force qui est aussi « anormale » et qui nous permet d’accomplir de grandes choses.
    « Ce qui ne tue pas rend plus fort »

  9. anais 30 mars 2017 à 10 h 22 #

    Quand quand j étais enfant j’ai été abusée par mon cousin j’ai tout fais pour me protéger et le faire comprendre à ma mère qui était assez négligente quand j’ai eu 13 ans je les dis, il y a eu enquêté il avait faits ça aussi à une autre et malgré ma parole envers les psys qui m’épluchait comme une vraie banane pour être sûr que je disais vrai et devoir répéter et répéter cela c’est fini en non-lieu. la juge ma quand même certifié que tout ce que j’avais dit n’était pas faux ils savaient que je disais la vérité mais n’avait pas assez de preuves pour le commdané aujourd’hui il, a une famille ma famille ne lui parlent plus mais tout le monde n’était pas au parfum du couq il arrive que j’entends des putains de potins j’ai toujours le sentiment d’avoir été impuissante la mort c’est tout ce qui mérité mon père était pret à le faire mais comme c’était frayé il ne l’a pas fait. Avec tout ce que j’ai traversé et aujourd’hui la femme que je suis-je tenté d’être vendeuse d’avoir ma propre famille mais il y a ce parasite qui est encore là même en l’ignorant je me dis « merde mort cela aurait été mieux » je sais pas si j’aurai des commentaire mauvais ou bons mais je cherche juste a m’en sortir mais c’est pas facile de garder un masque a ses proches

    • anais 25 août 2017 à 5 h 02 #

      Avec du recule je me rend compte que ce site ne nous fait pas sortir la tête de l’eau et tente pas de trouver des solutions ou conseille pour allez de l’avant comme ci la misere des gens étai plu excitant que guérissable comme le nombre de pourcentage sur le braconnage mais pas sur la solution d’en sauver, pff la preuve, on ai mieux aider que par soi-même. Même, si la guérison n’est pas la même pour tout le monde.

  10. Rose 12 mars 2017 à 22 h 42 #

    Cet article est touchant. Ce qui m’a amené sur ce site, c’est mes difficultés à réguler mes émotions et ma colère. J’ai un jeune enfant d’âge pré-scolaire, que j’adore et que j’aime plus que tout au monde, mais je me sens très souvent anxieuse durant la journée quand je m’occupe de lui. Mon enfant est difficile, fait des crises de hurlements interminables, s’oppose à tout, ne m’écoute pas, etc. Des comportements normaux à cet âge-là, mais moi cela me rend très mal à l’intérieur, même plusieurs heures après ses crises. J’ai une boule de stress sur l’estomac et il m’arrive de lui crier après et ensuite je culpabilise, et je le prend dans mes bras et lui dit que je m’excuse et que je l’aime. Je crois que je suis une mauvaise mère et que j’ai tout ratée dans ma vie, même ce qui est le plus important pour moi, mon enfant. Il va être traumatisé par ma faute. Quand le stress m’envahis, c’est tellement insupportable, je ne sais pas comment m’en débarrasser. Je n’ai jamais battu mon enfant physiquement, mais je cris souvent et je suis incapable d’arrêter, même si j’essaie.

    J’ai été diagnostiquée pour un trouble d’anxiété généralisée après la naissance de mon enfant. J’ai toujours souffert d’anxiété avant, mais pas à ce point-là. J’ai l’impression de n’avoir aucune résistance au stress.

    J’ai aussi un diagnostic du « trouble de la personnalité évitante ». D’ailleurs je n’ai aucuns amis. J’en ai déjà eu, mais ils me laissaient tout le temps tomber, la plupart du temps sans aucune explication. Ma dernière amie m’a laisssée tomber il y a 5 ans, à la naissance de ma fille, sans aucune explications. En général, les femmes ne sont pas amicales avec moi, ou carrément hostiles et méchantes sans même me connaître et je me méfie d’elles, car ce sont des femmes qui m’ont le plus maltraitées dans ma vie. Je me méfie de tout le monde en fait, et je ne me crois pas aimable. Les femmes m’ont toujours traitées comme si j’avais la lèpre, d’aussi loin que je me souvienne.

    Et finalement, je crois que tout cela est dû à mon enfance.

    Je n’ai pas été battue par mes parents, mais il y avait beaucoup de violence psychologique, de froideur affective et de négligence. Mais ma fratrie ma battait physiquement, et ma mère ne faisait rien pour qu’ils arrêtent de me battre. Elle n’intervenait pas et me laissait livrée à eux comme une charogne sur qui toute la famille se défoulait. Elle disait que je méritais d’être battue, parce que c’est moi qui les « provoquaient » à cause de ma « langue sale ». Cela a duré jusqu’à l’âge adulte. Ma mère ne me battait pas, mais elle criait aussi.

    Le climat chez-nous était constament stressant.

    Ma mère croyait que j’étais folle jusqu’à tardivement dans ma vie d’adulte, elle m’a répétée que j’ai un « problème mental » et qu’il va falloir m’enfermer en psychiatrie. Elle est même allée à des réunions pour parents d’enfants qui ont une maladie mentale, pour qu’on la plaigne elle. Mais elle ne se remet jamais en question, sur son propre comportement. Ma mère joue toujours à la victime et n’assume jamais ses actes, ne s’excuse jamais.

    Alors, je suis allée voir plein de psy qui m’ont dit que je n’ai pas de maladie mentale grave, et que je suis seulement traumatisée de mon milieu familial. Je ne suis pas bipolaire, scizo, borderline. Je suis juste traumatisée! Je me suis cru folle et anormale toute ma vie.

    Concernant mon père, il s’occupait pas de nous et il n’était jamais là. Il ne nous laissait pas d’argent non plus, pour nous acheter des vêtements. Je ne portais que des vieux vêtements démodés qui nous ont été donnés. À ma puberté, ma mère ne voulait pas m’acheter de soutient-gorge, ni d’anti-sudorifique, ni de rasoirs. À l’école je subissait de l’intimidation, car je sentais mauvais et j’avais les jambes pas épilées. J’aurais du demander de l’aide pour ce problème à des amies ou mes soeurs, mais je me repliait sur moi-même et j’avais trop honte d’avoir des poils et je n’en parlais à personne. Je marchais le dos courbé vers l’avant pour cacher mes seins. De toute façon mes soeurs ne m’auraient pas aidée, car elles ne faisaient que se moquer de moi et me rabaisser. L’une de mes soeurs a été particulièrement cruelle, toute ma jeunesse. À l’adolescence elle me disait que mon corps n’était pas normal et que je ne devais pas mettre de jupe, pour cacher mes genous qui sont de travers, et que ma lèvre d’en bas est trop grosse par rapport à ma lèvre d’en haut. Et que je suis folle et que je dois consulter. Et que c’est mieux que je ne dise rien en présence de ses amis (qui étaient aussi mes amis), car je ne dis que des stupidités. Ma mère m’a évidement livrée à cette soeur cruelle, sans m’aider. Mais pourtant j’étais très belle: je ressemblait à Angelina Jolie.

    Justement, j’étais trop belle pour cette bande de folles à la maison. Mon père me complimentait trop et ma mère haissait cela. Quand mon père partait, elle me disait que je ne suis « pas si belle que cela. Je suis très ordinaire ». Longtemps après, j’ai analysée cette situation et je l’ai mieux comprise. Mon père était presque amoureux de moi. C’est fou. Mais il n’est jamais passé à l’acte, sauf me toucher les fesses. Et ma mère plutôt que de me protéger, elle était jalouse. Et elle me livrait en pâture à ma fratrie violente.

    Je suis partie de là à 17 ans, mais lorsque je retournais les voir pour Noël, ils me gâchaient la soirée avec du harcèlement psychologique. Ils ont arretés seulement lorsque je suis venue accompagnée d’un homme. Ce fut long car j’ai été « célibataire chronique » jusqu’à 30 ans. J’ai passée un jour de l’an en psychiatrie, car ils s’étaient beaucoup acharnés sur moi pour me démolir à Noël, et je n’arrêtais pas de pleurer et je voulais en finir avec la vie.

    J’ai fait des terreurs nocturnes jusqu’à 30 ans aussi, comme une forme de somnambulisme. Je hurlais durant la nuit, je croyais qu’il y avait quelqu’un dans ma chambre qui voulait me violer ou je ne reconnaissait pas mon bref copain du moment couché dans son lit et je ne reconnaissais pas où j’étais et je cherchais la sortie. Souvent, je ne m’en souvenajs pas le lendemain et je me le faisait raconter, passant pour une cinglée. Il m’est arrivé de m’en souvenir si je me réveillais sur le moment.

    • bianca 16 mars 2017 à 2 h 00 #

      bonjour Rose,

      tes mots me touchent. ton passé ressemble terriblement au mien.

      (Re)-suivie en psychiatrie et en thérapie actuellement – cadeau pour mes 40 ans -, j’ai toujours pensé que j’étais « folle », du moins, que quelque chose ne tournait pas rond dans ma tête, j’ai des sautes d’humeurs atroces similaire à la bipolarité, mais elles découlent probablement de mes troubles anxieux, ma personnalité obsessive-compulsive.

      bref, je suis sur le cul en lisant cet article. constater que mes comportements ou réactions incompréhensibles découlent de mes traumatismes de l’enfance.

      À l’inverse de toi, ma mère banalisait mon état psychique. J’ai été boulimique 10 ans, de 14 à 24 ans. Quand je lui disais que c’était à cause d’elle que j’étais boulimique et tout son lot de commentaires dévastateurs à mon égard, elle me disait que je me racontais des histoires pour avoir l’air malheureuse, je créais mon malheur… que tout se rapportait à mon père. Bref, quand l’école lui avait téléphoné pour lui mentionner que je devrais consulter en pédiatrie, qu’ils avaient besoin de son accord, elle leur a dit qu’elle n’en avait rien à cirer de mes pseudo états mentaux.

      Du plus loin que je me souvienne, elle me criait après, peu importe ce que je faisais ce n’était jamais correct. Soit je devais faire comme tout le monde, soit je devais arrêter de faire comme tout le monde pour me forger une personnalité. Je n’avais pas le droit de pleurer, manifester aucune émotion, sitôt le déluge d’insultes coulait à flot. Je devais être forte, me fier sur personne pour survivre, sinon ma vie serait un enfer!

      Mon père, cocaïnomane, m’a promis ciel et terre tellement de fois… pour finalement n’avoir jamais vraiment été là pour moi. Après les rares périodes où il me voyait le weekend dans l’année, il téléphonait systématiquement ma mère pour lui dire de me dire que je n’étais plus sa fille.

      À 8 ou 9 ans, il m’avait dit qu’il viendrait me chercher pour habiter chez lui (il était dans une « bonne période ») et je l’aimais tellement mon père … ma mère m’a laissé sur le perron toute la nuit avec mes valises, évidemment il n’est jamais venu. Elle m’a dit, tu l’as choisi, vis avec les conséquences…

      Comme toi, j’ai eu le malheur de naître avec un joli visage. Subir la jalousie de ma mère, de femmes, filles que je croyais mes amies… elles m’ont fait les 100 coups. C’est facile, je ne disais jamais rien. une éponge qui absorbe, jusqu’à ce que j’éclate en sanglots et que je mette fin à la relation.

      Ensuite, je crie à l’injustice… mais en lisant ceci, je me rends compte que c’est l’injustice que m’ont fait mes parents et mes mécanismes de défense qui font que je perpétue cette fichue ritournelle qui accentue mon mal de vivre toujours davantage.

      Je suis d’accord avec toi, la femme est le pire monstre qui existe… avec quelques exceptions bien-entendu. J’ai de supers amies depuis longtemps, mais je n’en laisse plus entrer aucune.

      « Je crois que je suis une mauvaise mère et que j’ai tout ratée dans ma vie, même ce qui est le plus important pour moi, mon enfant. »

      Rien est perdu, tu n’es aucunement une mauvaise mère. Tu reconnais une légère incapacité à gérer ton stress actuellement, tu es consciente de ton être.

      Un truc que j’ai acquis depuis plusieurs années, lorsque je sens que je vais « péter les plombs », car j’ai été franchement cruelle verbalement à une époque, je vais prendre une bouffée d’air dehors… peu importe qui, même un patron.

      Ce simple geste me permet de reprendre mes états… avec mon conjoint, quelquefois c’est plus long avant que je décompresse, je vais prendre une marche pour me calmer.

      Ce sont des trucs qu’il te faut pour gérer ton anxiété générer par ses hurlements, tu trouveras les tiens, j’en suis convaincue.

      J’ai été aidante-naturelle pour des personnes Alzheimer avec démence… lors des crises, soit j’essayais l’humour pour leur faire changer de « mood » ou je disais vraiment quelque chose hors-contexte…

      N’est pas peur d’être créative dans tes méthodes d’intervention, plus tu seras créative, plus tu prendras de l’assurance, moins ton enfant sentira ton anxiété, plus ça ira.

      même si elle sont d’une originalité exubérante, « SO WHAT » si elles sont extravagantes, tu as une personnalité colorée « hors-norme » depuis ton enfance, ça l’a quelques avantages 😉

      fais-toi confiance ma belle, je suis convaincue que tout ira bien.

      le passé ne s’efface jamais.
      il nous donne une force incroyable, de la persévérance malgré la souffrance.
      ne jamais réprimer ses émotions, les accepter simplement.

      bianca

  11. Katyli 6 mars 2017 à 12 h 00 #

    Pour avoir été maltraité physiquement psychologiquement du plus loin que je me souvienne quand j’étais en maternelle jusque 17ans pour la violence physique je peu dire que malgré mes 37 ans je souffre encore et peut être même plus que quand je subissais .quand je voi mon père je suis comme pétrifiée encore aujourd’hui et je subie encore ses remarques rabaissantes du genre tu es une merde , untel est bien ou un tel est bien mais moi il me regarde encore avec un certain dégoût il y a quelques années il a même u tellement envie de me frapper parce que je refusais d’adhérer à sa façon de voir l’éducation qui est de battre les enfants et d’être craint qu’il a essayé de convaincre mon mari de me battre .je suis passée par beaucoup d’étapes la fuite à 18 ans ,combler mon manque affectif en donnant tout pour mes enfants ,recherche de reconnaissance période très longue ,crises d’angoisses recherche de moi memme ,jalousie excessive du à ma peur d’abandon certainement parce que ma mère nous a abandonnés quand j´avais 13 ans nous laissant dans ses griffes ,puis j’ai essayé de faire disparaître tout sentiments aussi à l’égard de mon mari qui pour moi ne me protégeait pas ,je me suis longtemps enfermée chez moi et petit à petit de plus en plus peur de sortir d’être confronté à ces gens qui voient en moi quelqu’un de normal que je ne suis pas aujourd’hui à 37 ans j’ai pris des distances depuis quelques années et je ne pensais plus à toute cette douleur mais le passé me rattrape les parents vieillissent et veulent se rapprocher me reproche de ne pas m’intéresser à eux et je ne veux pas leur jeter la pierre ça ne servirai qu’à se battre et jai plus la force mais les flash back ces images de mon enfance qui m’apparaissent comment un cauchemar éveillé ça me hante encore et je ressens cette envie de vite disparaître de cette vie qui m’a l’air de ne pas être faite pour moi chaque jour je survie je ne vie pas j’attend que le temps passe inutilement et je me sens incapable de tellement de choses .je reste forte pour les enfants mais je commence à fatiguer et quand je me retrouve seule c’est dur de ne pas sombrer je suis une femme inutile une mère qui fais beaucoup d’efforts .jai consulté un temps mais rien de concluant je ne tiens jamais longtemps dans un boulot et pour en chercher c’est la misère tellement tourmentée qu’un rien me paraît insurmontable et je suis très très mal dans ma peau .je suis fatiguée et franchement j’aimerai un jour pouvoir vivre ça fait tellement longtemps que je le veu sans y arriver j’attend et j’espère toujours un jour vivre et m’aimer et être normale .

    • Valérie 8 mars 2017 à 10 h 07 #

      Salut Katyli

      Je crois que la vie attend que tu dises : « non ».

      Tes parents te reprochent de ne pas t’intéresser à eux : « qu’ont-ils tant d’intéressant à te proposer à part des récriminations et des reproches ? ». Non, mais sans blague ! Quand les gens vous évitent, on se pose les bonnes questions !!!

      Et bien non, c’est non. Ta fatigue vient du fait que tu as à faire à des manipulateurs. Ils te boufferont jusqu’à la moëlle sans aucun remord, ni pour toi, ni pour tes enfants. Dis-toi qu’ils ne peuvent pas vivre sans toi à tourmenter, alors que toi, tu vis très bien sans eux. C’est ça qu’ils te reprochent.

      Ta fatigue vient du fait que tu refuses de te battre pour toi et j’en parle à bon escient. Ils jouent sur la peur que tu as d’eux. Tu n’as aucun intérêt à les fréquenter, donc basta. Tu peux même leur dire.

      Qu’est-ce qui est le plus important pour toi ? Que tu penses du bien de toi ou que tes parents pourraient penser du bien de toi ? Ils n’en penseront jamais du bien parce que tu ne leur es juste qu’un faire-valoir, pas plus. Moi, des gens comme ça, je me contrefous de leur avis…c’est pas comme si on le leur demandait d’abord. Qui les autorise à le donner d’ailleurs ? Personne ! Ils s’arrogent un droit de jugement par la force et non par la légitimité.

      Ils vont te arguer qu’ils sont tes parents ? A mon avis, ils n’ont jamais su ce que voulait ce que voulait dire le mot parent. Mais après tout, chacun est libre d’avoir son avis sur un sujet, et comme chacun est d’accord là-dessus, la discussion est close avec eux.

      Allez, on arrête d’être victime, on consulte et on lit des bouquins sur le harcèlement et on travaille là-dessus (les parents manipulateurs d’Isabelle Nazare-Aga).

      Avec tout mon soutien !!!

    • coussin 7 août 2017 à 5 h 37 #

      Bonjour Katyli,

      ton témoignages me touche beaucoup et me confronte à cette peur qu’on me demande un jour de m’occuper de mes parents ou qu’il reviennent dans ma vie. Je pense qu’il serait bon pour toi de couper vraiment les ponts avec eux. Il ne t-on jamais rien apporté et il en sera toujours de même.
      C’est le choix que j’ai fais et même si je récolte un terrible manque. Je préfère cela plutôt qu’être encore sous leurs emprises. Je sais que le travail de deuil de ses parents encore vivant est très difficile. Mais c’est le prix pour ne plus être confronté constamment a ton passé et à cette manipulation. Et en plus il te font culpabilisé!
      Pense à toi!!

  12. Evelyne 6 février 2017 à 17 h 59 #

    Moi je suis incapable de prendre soin de moi. J’ai des difficultés financières et de santé à cause d’une incapacité normale à faire des choses pour moi. J’attends toujours qu’on vienne enfin me chercher. Et je suis incapable de dépasser cela. Je viens juste d’envoyer balader mon psy car il me confrontait trop durement à cette réalité. J’ai fui. Je fui. Je me sens très démunie face à moi-même. Il y a un mur que je ne suis pas capable de franchir pour me libérer. Le plus terrible c’est d’avoir l’impression de décevoir ton psy car il te demande quelque chose de trop difficile. Et je suis partie, moi la combattante. Un comble. Je me sens doublement en échec. Je suis très triste. j’ai l’impression que je ne m’en sortirai jamais.

    • Flam 7 mars 2017 à 21 h 38 #

      Bonjour Evelyne, je ne suis pas térapeute, juste une femme de 41 ans qui a fonctionné avec beaucoup de perte d’énergie et de souffrance . J’ai souffert de trouble du comportement alimentaire . J’ai vu plusieurs psy depuis 20 ans dont une pendant 7 ans à qui je n’ai pas su faire mon transfert. Ce que je veux te dire: c’est que ce qui t’arrive est formidable avec ton thérapeute, si maintenant tu arrives à retourner le voir et lui parler de ta peur de le décevoir, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aimée Si tu y arrives, tu vas faire un bon de géant, voir t’approcher de la lumière !!!! Je te le promets !!!!
      C’est comme cela que tu vas t’en sortir!!!!!!!! C’est le faeux transfert

    • Em 10 août 2017 à 6 h 06 #

      Change de thérapeute, tout n’est pas de ta faute, il faut accepter l’imperfection, tout est imperfection, le monde et toutes les personnes que tu croises aussi, ou elles failliront un jour, c’est certain, donc sois indulgente, ne culpabilise, rien n’est de ta faute, tu n’es pas responsable de tout, des autres, de chaque situation, chaque réaction, mais refuse qu’on te fasse endosser la responsabilité. Change de thérapeute. C’est peut-être lui le nul… ça arrive souvent.

  13. Pianza 31 janvier 2017 à 12 h 44 #

    Quel est votre premier souvenir de conscience terrestre ? moi, je suis devant ma mère qui repasse des vètements et qui me dit mets tes mains à plat en l’air je dis non elle insiste, malgré mon jeune âge (3-4 ans) je sais ce qu’elle va faire ….elle a passé le fer bouillant sur mes mains. Souvent ce n’est qu’un seul parent qui est abuseur moi c’était les deux. Des parents si parfait aux yeux de tous et nantis. La dernière fois que ma mère a levée la main sur moi j’avais 21 ans, fendu la lèvre supérieure avec un support en bois. je porte mon héritage sur mon visage qui est couturée de 15 cicatrices puisqu.à leur mort je n,ai reçu que dalle. J’ai dü me faire opérer 3 fois le nez les cartilages était en miettes et la machoire qui s’était mal resssoudée, je n’avais jamais été capable de garder ma bouche fermée. N’en pouvant, plus je suis parti de chez moi à 17 ans. Jai coupé définitivement les liens familiaux qu’à 45 ans donc il ya 10 ans. Ma force de caractère m’a sauvé n¨empèche qu’à dix ans je voulais en terminer avec la vie avec le poignard qui trainait sur l’établi, à 22 ans je le fais pour vrai comme vous voyez j,ai échoué. En cherchant sur le web je suis tombé sur cet article intéressant, en fait ce que je voulais en venir c,est que j,ai développé mes 5 sens au maximum et une intuition à toutes épreuves, mes capacités d’observations et d’analyses sont d’un niveau nettement supérieure à la moyenne des humains. Par la force des choses et avec le temps, je suis devenu misanthrope. Étant franche, honnête et intègre, il m’est impossible de côtoyer mes semblables puisque je vois à travers eux. Malheureusement ici-bas je n,ai rencontré que très peu de mes connaissances qui ne m’ait trahis. Chaque jour, j’apprends. Je peux vous parler de n’importe quel sujet que ce soit intellectuel ou manuel. J,ai fait des études poussées dans différents domaines. Des métiers de tout acabit et habité partout au Canada sans jamais me poser pour toujours.Je sais pratiquement tout faire dans toutes situations. Mon niveau d’empathie se situe encore au-delà de la norme ce que vous ne voyez ou ne détectez pas moi je le vois. Ma forteresse n’a que très peu de failles. Je crois qu,avec les années j’ai voulu être invincible et intouchable. Personne au cours des ans n’a eu l’incongruité de lever la main sur moi, au-delà de tous ça je crois aussi que personne n’a jamais vraiment cru à l’étendu de ma maltraitance, ici dans un pays civilisé c`est carrément impossible et pourtant …c’était là devant vos yeux et vous n’avez rien fait. Ce bagage nous le portons tous les jours, il fait parti de notre vie inévitablement et ne s’effacera jamais. à vous de voir ce que vous voulez en faire. moi je cherche toujours où est ma place, quelle est ma définition du bonheur, à quoi ressemble la sérénité, pourquoi tant de malheur pour un temps déterminé ici bas, pourquoi les valeurs morales ont tendances à disparaitre… bon je mets le point parce que j’en aurais encore bien long à dire.

    • Moi 2 février 2017 à 9 h 21 #

      Je te comprend. Moi je n ai pas vraiment eu de mal traitance. Par contre je voie que sur cette planète regarder ailleurs est plus facile. L énergie divine est présente ici . Présentement peut d élus mais ça change . Je sais c est long . Il faut comprendre aussi que chaque individu à son lot de change et de mal chance . A un certain moment on passe d un extrême à l autre . Oui la vie est dure par moment mais il faut passer à autre chose . Je sais c est pas facile. Je vous souhaite bonne chance et la vie va sûrement vous rendre le positif .

  14. Marie 30 décembre 2016 à 11 h 43 #

    Je vous comprends Jung, parfois je ressens la même chose, l’idée de la mort comme une délivrance et comme si l’autodestruction était une façon de mourir, de se punir, comme si nous ne méritions pas d’exister puisque c’est ce que tout le monde nous a renvoyé ou bien comme si la mort seule pouvait mettre fin a cette souffrance.

    Une fois cela compris, pouvons nous au contraire nous dire que cette sensation doit appartenir a ceux qui nous ont agresse, nous accroupir en position de méditation, mettre une musique apaisante de sophrologie, de relaxation, ouvrir nos bras vers la vie, vers tout ce qu’elle a de beau a offrir et nous promettre a nous même que nous allons tout faire pour avoir ces bons moments aussi enfin ?

    J’essaie de faire cela.

  15. Maude 20 décembre 2016 à 17 h 30 #

    Bonjour,
    Je vis actuellement avec les conséquences de maltraitance et d’abus que j’ai subis tout au long de mon enfance et mon adolescence. J’ai maintenant 19 ans et je dois réapprendre à vivre dans un monde nouveau, sans violence,sans torture, un monde où je dois apprendre à diminuer ma peur de l’abandon qui est présente à chaque jour de ma vie. Ma souffrance fait partie de mon quotidien. Je suis souvent en état d’alerte et l’insécurité prend toute la place. Ma colère est dirigé contre moi….j’aimerais tellement avoir une vie normale

    • cynthia 30 décembre 2016 à 23 h 53 #

      ne baisse pas le bras
      tu rencontrera d autres gens qui on vécu des parcours similaire
      inspire toi de leurs force et n’oublie pas d’être fière de qui tu es
      on a survécu quand même ! la vie a son lot de marde et de bonheur a donné. ..
      nous on a commencé par manger la marde…sa fait juste que la crème glacé est
      meilleur!!

      • Maude 3 janvier 2017 à 12 h 48 #

        Bonjour Cynthia,
        Merci pour ton commentaire, c’est très apprécié, être fière de moi….quel grand travail , il y a une amie qui m’a dit, tu sais, les petits efforts constant finissent toujours par porter fruit.

    • Daphnée L. 31 décembre 2016 à 20 h 06 #

      Bonjour Maude,
      si tu le désir vraiment tu pourras retrouvé une vie normale faut juste que tu es le courage et la détermination de trouver une aide et t’engager a fond dans le processus de guérison. Chaque personne a droit a son bonheur malgré leur expérience de vie et malgré les conséquences qu’on vie dans notre vie une fois adulte. Oui il est difficile d’atteindre une vie normale mais ce n’est pas impossible… Faut savoir ce faire confiance et s’Écouter et se mettre en premier plan dans tous ce qu’on fait… la démarche est certainement pas facile mais tres salutaire, nous sommes plusieurs a avoir été un jour dans les meme craintes que toi, mais petit a petit on a appris a savourer la vie, savourer chaque minute sans toujours craindre la minute suivante…. Courage et crois que tu mérites mieux, crois en toi, en tes potentiels… Bonne Chance, permet toi de cogner a des portes pour avoir de l’aide c’est la meilleur facon de ten sortir, parce que malgré tous ce que tu as pu vivre ou voir il y a des gens merveilleux qui ne veulent que nous aider et ce sans rien attendre de nous… seulement nous accompagné dans notre cheminement et nous voir heureuse en bout de ligne est leur seule préoccupation.

      • Maude 3 janvier 2017 à 12 h 45 #

        Allo Daphnée,
        Merci beaucoup de m’avoir répondu. Mon objectif cette année c’est d’apprendre à me connaître, apprendre à faire des choses pour moi avant tout, me passer en premier et aussi m’exprimer même si je suis en désaccord. Je le désire vraiment avoir une meilleure vie mais parfois je sens que je ne fais pas partie de cette vie, mes peurs prennent le dessus et je fais des crises d’abandon. Ça fait tellement mal, mon psychologue me dit que ce sont des crises relié à l’anguoisse d’Anéantissement. Heureusement j’ai la chance d’avoir des personnes qui m’accompagnent dans mon cheminement, des personnes patientes, et aimantes. J’ai un papa formidable (adoptif) qui répond à mes besoins et qui veut, plus que tout au monde me voir heureuse. Mon objectif aussi c’est d’aller à toutes mes rencontres avec mon paychologue. Elle est belle ta phrase Daphnée……ne pas toujours craindre la minute suivante, parce que c’est difficile pour moi. Papa dit que lorsque j’ai une minute à moi , elle est le plus souvent dans la crainte. Si jamais tu veux me répondre, c’est quoi la conséquence que tu as eu le plus de mal à gérer, moi c’est l’abandon. Merci 😊

        • Daphnée 18 janvier 2017 à 21 h 30 #

          Bonjour Maude,
          La conséquence que j’arrive a moins bien géré c’est aussi la peur de l’abandon, mais aussi la peur de perdre ce que suis arrivé a construire.. Présentement je recommence un suivi avec une thérapeute pour essayer de travailler sur cette attitude d’angoissé que je vais tous perdre alors que lorsque j,analyse toute ce qui est autour de ma vie, rien mais rien n’indique que je subirai une perte.

          L’autre conséquence prédominante dans mon cas c’est la peur de retomber dans les addictions sexuelles … je vais bien présentement mais j’ai toujours cette épée sur la tete qui me rappel qu’un jour j’ai perdu le controle et que j’ai eu tellement de difficulté dans ce temps la… dans la remonté des enfer que j’ai peur de retomber… mais cette peur est bénifique puisque je reste vigilante et alerte des moindres signes de compulsion mal saine.

  16. No past,no future 27 octobre 2016 à 16 h 10 #

    Bonjour,

    Existe-t-il une méthode consistant à effacer l’ensemble des souvenirs douloureux que notre cerveau conserve des époques noires de notre enfance?

    J’ai toujours fui les personnes et lieux qui me rappelaient les coups et les injures supportés durant l’enfance et l’adolescence mais ils me rattrapent constamment et je ne parviens pas à les affronter!

    Pour vous donner un exemple, aujourd’hui j’ai eu un entretien d’embauche dans la commune de ma naissance (là où j’ai passé une partie de ma toute petite enfance) et celui-ci s’est très mal déroulé : j’ai tout fait pour y échouer!

    Hier, je me suis endormie à trois heure du matin alors que cela faisait plus d’une heure que je tentais de trouver le sommeil!
    Habituellement (cela, peu importe les événements), je m’endors au bout de cinq minutes …
    Lorsque je suis arrivée dans le quartier où se déroulait mon entretien professionnel, ce sont tous les souvenirs d’autrefois qui ont ressurgi …J’avais l’impression de remonter le temps et revivre cette époque où la violence régnait dans mon foyer familial…de croiser toutes ces personnes qui voyaient, entendaient et n’ont jamais rien fait…tous témoins, tous complices! J’avais l’impression de ressentir le poids de ces regards remplis de curiosité et d’indifférence de jadis…j’avais envie de vomir!
    C’est dans cet état d’esprit que j’ai abordé mon entretien.l Avec la ferme intention de ne pas revenir ici!

    J’ai vécu une sorte de « crise mentale »!? (ce n’est pas la première fois d’ailleurs)
    Je ne sais pas ce que c’est! Je n’ai jamais été consulter un pro! Peut-être par crainte du jugement ou par déni car dans mon milieu …ce genre de problèmes n’en sont pas ou on n’en parle pas!

    • Daphnée L. 22 novembre 2016 à 20 h 23 #

      Existe-t-il une méthode consistant à effacer l’ensemble des souvenirs douloureux que notre cerveau conserve des époques noires de notre enfance?

      Malheureusement il n’existe pas de méthode pour effacer les souvenirs, mais il existe une façon a mieux vivre ses souvenirs. Il n’y a pas de remède miracle faut faire face a la musique et changé notre façon d’écouté flash, et les intégrés en profondeur… exemple ce que tu décris comme sensation et une immerge de souvenir c’est normale puisque tu n’as pas réglé intérieurement tes émotions que ce soit la peur, la culpabilité, la terreur, la douleur physique… La seule façon que j’ai trouvé moi, c’est une immersion dosé au endroit qui me rappelais des mauvais souvenirs mais faut être bien accompagné et en confiance par un thérapeute qui comprend et sais écouter, et qui sais accompagné sans diriger la séance, c’est une étape difficile mais malheureusement nécessaire pour intégré et accepté ton vécu et le rendre moins douloureux. Moi ce que j’ai eu recours a l’hypnose éricksonienne pour revivre des événements sans avoir les moyens de défense que je m’étais habitué.

      Ce que tu parle de crise mentale,ca ressemble beaucoup a ce que je fessais lorsque j’étais en état détresse permanente il appelais ca une dissociation psychologique… moment ou je devenais une personne automate qui ne fessais que ce qui était normale sans m’impliquer émotionnellement. Je perdais la notion du temps, aucun souvenir de ces périodes de temps, un black out le mot plus utilisé.

  17. Sylvie 24 octobre 2016 à 16 h 27 #

    C’est sur quatre jours que j’ai vu toute ma vie défiler et s’expliquer.
    Depuis la colère la rancoeur la haine les angoisses quotidiennes les tocs et les terreurs nocturnes m’ont quittée.
    Je suis enfin entrée dans le bonheur.
    Simple et tellement bon!
    Il me reste à me faire à ce sentiment de décalage total avec les gens avec qui je communique.
    Ou à continuer le changement.

    En fait je me sens seule même si cela ne m attriste pas. C’est une question de temps.

    Merci pour cet article.

  18. Laurent 12 octobre 2016 à 17 h 50 #

    Je ne sait pas comment dire à mon frère que j’ai été abusé de mon papa vers 7 ou 8 ans jusqu’à 11 ans mais je ne le savait pas. C’est vers 40 ans et plus que j’ai eu comme une image. car tous les samedis après-midi je devais monter dans une chambre isolée, il voulait me parler de mes notes d’école j’étais pas bon, ilt me baisait le pantalon et me donnait une fessée mais aussi d’autres attouchements.j’ai aussi le souvenir que mon papa avait le pantalon à ses pieds.J’ai 66 ans et il me semble que cela est encore plus pesant qu’avant . Mon papa à été en prison de 1961 à 1963 env. et à la maison personne en parlait, comme un secret. J’ai aussi une sœur 5 ans plus âgé que moi et mon frère 3 ans. Ma sœur est malade sclérose en plaque et n’arrive plus à avoir de discussion. (Alzheimer un genre) Que pouvez- vous me conseiller de faire, j’ai aussi peur que mon frère pense que j’invente cette histoire.Par avance merci.
    Avec mes meilleures salutations.

    • Daphnée L. 23 octobre 2016 à 7 h 40 #

      Bonjour désolé d’apprendre que tu as vécu tous ca… c’est jamais facile mais encore moins dans votre situation. avant de parlé avec ton frere a tu réfléchis au bien fait de parler ? que t’attends tu de cette conversation ? La loi d’omerta est telle tellement ancré que les gens ne parle pas des petites choses plate de la vie concernant ton pere? Une famille qui a vécu de la violence narcisique comme tu semble avoir vécu sont tous avec un vécu (pas tous au meme niveau, je connais une personne ou il est le seul a avoir vécu la situation et ne peux pas en parlé a personne de sa famille, parce que les gens on la mentalité de si on en parle pas ca na jamais existé)
      Avant de faire une approche de la sorte faut vraiment te poser les questions du pourquoi, et ce que ca changerais pour toi … et si jamais tu entame la discution et que la porte se referme comment tu réagiras ? comment te sens tu présentement c’est quoi tes attentes …
      Soit en paix avec toi meme avant d’entamé une discution avec ta fraterie et choisi la personne que tu te sens le plus pret et le plus compris. je n’ai pas de truc pour en parlé parce que chez moi ca été toujours dit mais jamais accepté …

    • Marie 30 décembre 2016 à 10 h 39 #

      Bonjour,

      déjà vous pouvez faire une enquête auprès de la police pour demander et trouver pourquoi votre père a été en prison. C’est peut être lie a ce que vous avez subi. Ou a t il lui même été agressé de cette manière en prison ou dans son enfance et a reporte sur vous cette terrible agression ? Malheureusement c’est probable. Et puis pourquoi mentiriez vous ? Parlez en a votre sœur et a votre frère pourquoi pas, les secrets de famille ça existe, les années 60 on enterrait ce genre de chose.
      Regardez le site internet la parole libérée des enfants scouts victimes de prêtres pédophiles, ça ne sort que maintenant et nous sommes en 2016 !
      Vous n’êtes pas seul dans cette situation, loin de la malheureusement, l’inceste est encore un tabou très puissant.
      Voyez peut être un psychiatre sérieux pas parce que vous seriez malade, vous ne l’êtes certainement pas, mais pour pouvoir enfin déposer ce fardeau qui vous pèse de plus en plus et pour qu’il vous guide dans votre démarche de parole retrouvée envers votre famille et pour les bouleversements émotionnels que cela crée chez vous.
      Amitiés.

  19. Sophie 27 septembre 2016 à 23 h 31 #

    Bonjour,

    Cela ne me tante pas vraiment, d’expliquer mon parcours ici. Cependant je suis une survivante (je vis à Québec ) et je vis avec un État de stress post traumatique, flashback en se moment très présent, hypervigilence à l’occasion, crise d’angoisse parfois, je ne peu pas dormir la porte de chambre fermée sensation de danger imminent voir mort, cauchemars, paralysie du sommeil avec hallucination visuel et auditive, parfois effrayant. Trouble d’identité je ne sais pas qui je suis vraiment, ce que j’aime, ce que je veux dans la vie. M’adaptent au personne qui m’entoure, je m’impreigne de ce qu’il aime parce que s’est comme ça que j’ai été conditionné à fonctionner.
    TPL peut être aussi..
    Inceste par mon frère et forte emprise psychologique (soumission, rabaissement) tentative de meurtre de sa part également, attouchement d’un membre de la famille. Abus sexuel autre. Un père difficile il fallait anticiper ses réaction il me soulevait par les cheveux et me secouait quand il était en colère..
    On me renvois comme une balle de ping pong d’un organisme à un autre, une psychiatre ne sachant pas si j’étais TPL ou ESPT m’a envoyé consulté un organisme de TPL (urgence ambulatoire) qui on refusé mon cas car dépendance à l’alcool et voulais que je suive une thérapie avant, ce qui étais déjà en cours. Thérapie complétée et je suis abstinente depuis 4 mois environs cette organisme s’occupe de la dépendance et la psychologue me fait un suivi pour le maintient de l’abstinence. Elle n’est pas spécialisée dans les cas de survivant à la maltraitance et elle sait que cela ne serait pas bénéfique d’aller dans une thérapie plus approfondie. Ce qu’elle me propose s’est d’aller à un CLSC sauf que, le première édifice où on m’a référer TPL (urgence ambulatoire) on envoyer une demande de suivi au CLSC en me diagnostiquant un TPL (diagnostique qui n’aurai pas lieu d’être, car 30 minutes en parlant d’un TDA et en me disant de continuer ma thérapie pour traiter la dépendance, fin du rdv) pour en venir au fait que la psychologue du CLSC refuse de me voir pour faire un diagnostique car un diagnostique à déjà été déposé. CAVAC s’est pas la peine j’ai la double nationalité et je vis ici depuis environ 2 ans tous les événements ce sont passé à l’étranger mon pays natal. Thérapie privée pas possible car je travail et vis seul, pas les moyens.. Donc la question vers qui est ce que je peu me tourner ?
    J’ai 24 ans et probablement encore la vie devant moi, (seul s’est difficile) j’apprends à vivre avec tous ça et ça fera partie de moi toute ma vie.
    Quels sont les antidépresseurs qui répondent le mieux à ses symptômes ? Y’a y-il une classe de médicaments qui est reconnu pour être « efficace » dans ce genre de probléme bien sûr accompagner d’une psychothérapie)

  20. Sushy 13 septembre 2016 à 10 h 52 #

    Bonjour à tous,

    J’ai lu et relu toutes vos histoires à chacun et ce super article dans lequel je me reconnais à tous niveaux. Je vous explique mon histoire, j’ai 34 ans, papa solo d’une petite fille de 4 ans qui m’a sauvé la vie.
    Aujourd’hui je souffre beaucoup et ce depuis la naissance de ma fille d’ agoraphobie, autoroutes, avions, vertiges … Enfin le rêve absolu !!
    Je fait une psychothérapie depuis 2 ans, je m’en suis aperçu qu’en fait tous ses symptômes venaient de mon enfance, comme vous j’ai eu une enfance chaotique, j’ai ramassé ma mère faisant des tentatives de suicide, mon père venait me chercher pour me faire partager les raclées qu’il infligeait à ma mère, humiliation et j’en passe…. Pourquoi ??? Je sais pas non plus…enfin pour dire qu’au début de mon travail avec la psy, j’ai du mettre 8 mois pour m’apercevoir que mon enfance avait été traumatisante car je suis parti très tôt de la maison, a 15 ans pour m’échapper de cette maison de dingos, de 15 à 25 ans drogue à fond, tout se qu’il passait (maintenant je comprends mieux) bref, situation extrême au bout du fil en permanence, en fait j’avais envie de mourrir je pense !! Bien sûr j’ai eu des tas de relations amoureuses avec des filles superbes que j’ai tout de suite stoppée, l’amour ça fait mal, regarde tes parents…jusqu’au jour où je suis tombé sur la mère de ma fille, le number one de la folie et elle est tombée enceinte et depuis la naissance de ma fille, toute mon enfance est ressortie puissance10. C’est l’anarchie dans ma tête, des phobies pour tout, je ne peux quasiment plus rien faire, pourtant je suis très connu et reconnu car je suis profession libérale dans la finance et les assurances. Bref, aujourd’hui c’est compliqué car toutes ses émotions que je n’ai jamais pu sortir sont là prêtent à exploser en permanence.
    Donc pour finir, oui c’est difficile, je sais de quoi je parle croyez moi, mais ne baissez jamais les bras, au contraire nous avons eu cette chance d’avoir ce genre de parents, en tous cas pour ma part, je le prends comme ça aujourd’hui même si parfois je suis au bord du suicide !! (Comme me l’a montrer ma maman) il faut continuer à se battre ….
    Courage, vous n’êtes plus seuls…

    • Jessica 17 décembre 2016 à 15 h 35 #

      Jaimerais faire part de mon histoire que jai garder depuis plus que 15 et hier sir jai recu une invitation a noel pour aller visiter mon pere jai fait attendre que je me sentais pas a laise de me presenter apres tout cest anner je me suis eloigner de lui a partir de 14 ans depuis mon lage de 5 ans jetais abuser osychologiquement par ma belle mere et mon pere jai fait mention hier il ma dit que je jouais a la victime pcq jai exprimer pour la premier fois ce que je ressentais . Il ma dit de me chicaner seul mais cetais pas de la chicane cetais juste de faire part de kon opinion

      • Marie 30 décembre 2016 à 10 h 51 #

        Bonjour Jessica
        Tous les abuseurs nient toujours (ils ne vont pas admettre qu’ils sont des nuls et des lâches pour s’en prendre a un enfant ou qu’ils ont eux même de gros problèmes pour se comporter comme ça).
        Si vous avez des exemples clairs et précis de leurs abus émotionnels passés évident à leur renvoyer dans la figure faites le, ça veut dire les confronter si ça vous fait du bien.
        Eux nieront de toute manière mais vous vous avez le droit de penser et de ressentir ce que vous voulez, c’est vous et votre personnalité.

        S’ils nient ce qu’ils ont fait je pense que comme le suggère l’article il vaut mieux prendre vos distances, garder contact mais ne pas les voir trop souvent et refuser systématiquement leurs abus (brimades déguisées, petits humiliations et autres sous couvert de soit disant humour qui ne marche que dans un sens bizarrement).
        Les belles mères jalouses et mauvaises ou dingo et les maris sous emprise et lâche ça existe malheureusement, l’histoire de Cendrillon de Blanche Neige et de peau d’âne ne sont pas que des mythes. Malheureusement pour de trop nombreux enfants. Le positif c’est que si votre belle mère ne vous aime pas c’est que vous avez certainement plein de qualités qu’elle ou ses enfants n’ont pas.

        Pensez à vous et a votre avenir : vos études votre travail un conjoint, des enfants un foyer heureux pour vous, des vacances des loisirs intéressants, du sport pour évacuer ces chagrins et le stress qui va avec, des amis des vrais pour parler,e changer et rire aussi.

        amitiés

  21. Noone 4 septembre 2016 à 15 h 45 #

    Chers tous,
    Merci pour vos témoignages, votre empathie, votre compréhension et vos combats.
    Pouvez-vous imaginer que dans une vie (j’ai 44ans) on aie pu vivre tout ce que vous avez vécu??? l’inceste, l’abandon, la maltraitance, les parents irresponsables, le viol,l’indifférence, l’humiliation, l’insécurité tout ce dont l’homme est capable de faire de plus terrible à un autre je l’ai subi, à différentes périodes de ma vie par différentes personnes parents, petit ami, femme, homme..).
    Les rares personnes a qui j’ai pu raconter mon histoire ont eu du mal soit à me croire soit à écouter jusqu’au bout.
    Mes seules questions sont pourquoi s’est-on acharné comme ça? où commence ma responsabilité où finit-elle? Comment fait-on pour vivre après ça??
    La seule réponse que j’ai acceptée c’est la vengeance: chaque douleur que j’ai ressentie méritait une sensation de bonheur. Chaque échec recevait une réussite éclatante.Toute ma vie est basée sur le challenge, le défi et la réussite.
    Aujourd’hui, l’homme que j’aimais depuis 26 ans m’a abandonnée car il m’avait demandé d’être moins forte, d’être plus ordinaire et de partager ma souffrance et lorsqu’il a entraperçu mes démons, il a fui, il a abandonné, il m’a abandonnée.
    Aujourd’hui le défi est de trouver un sens à une vie de batailles et de victoires. Mais si je me bats on me dit intimidante, si je montre mes faiblesses, on m’abandonne…
    Bien à vous tous.

    • Daphnée L. 24 septembre 2016 à 9 h 13 #

      J’aimerais répondre a tes questions selon mon vécu, et tout en sachant que chaque vécu est différent mais chaque bataille est sensiblement pareil.

      Pourquoi s’est ton acharné sur toi comme ca… tu ne trouveras jamais de réponse tu sais pourquoi parce que rien n’est logique dans la situation, l’agresseur ne sait même pas que ca ta fait du tort pour lui ou eux tous ce qui avait besoin c’est le envie viscérale de plaisir ou de domination.

      Ou commence ta responsabilité ? Nul part, tu n’as aucune responsabilité face a ce que les gens ton fait subir, tu n’as fait que ce que tu pouvais avec les moyens et l’éducation que tu as eu. Ta responsabilité est dans ton rétablissement et ta façon de vivre avec ton passé.. le reste les actes subit tu dois arrivé a accepté que tu n’étais que l’objet et que tu n’aurais jamais pu faire autrement. Leur redonné leur responsabilité et aimé l’enfant que tu as été est ta responsabilité

      Comment vivre avec tous ça ? Le mieux possible et faire un pied de nez a tous ceux qui ton fait du mal en étant heureuse et fessant ce que tu as envie, en fessant des projets les plus beaux possible et en t’aimant le plus possible. En  »pardonnant » (je le met entre parenthèse parce que c’est pas pardonné dans le sens propre du mot,mais laissé tombé ce qui ne t’appartient pas,tel que la vengeance) En te pardonnant dans le sens du terme, en fessant la paix avec ton passé en te disant que le passé que tu as eu a fait de toi la personne forte que tu es aujourd’hui… oui oui tu as de quoi être fière parce que survivre a tous ça sans sombré complètement c’est une victoire en soit.

      Je te souhaite vraiment de trouvé la paix intérieur c’est primordiale pour ta vie et pour retrouvé ta joie de vivre… un bon suivi thérapeutique est nécessaire pour apprivoisé ta nouvelle réalité et te découvrir autre que dans ton couple … partir a la découverte de soi est le plus beau cadeau qu’on peux se faire pour la vie entière. Bonne chance et bonne rencontre avec toi meme

      • Noone 5 novembre 2016 à 16 h 50 #

        Merci Daphnée, je découvre votre réponse et elle me fait du bien.
        Merci pour vos encouragements, vos conseils mais j’imagine que comme nous tous si vous êtes là sur cette page c’est bien aussi que vous avez souffert (l’ai relu votre histoire). Nous sommes des battants, des résilients mais à quel prix, parfois la
        mort semble si douce, si délivrante…
        Je suis une thérapie, c’est ma seconde et j’encourage toutes les personnes à le faire, le plus difficile est de trouver SON thérapeute mais lorsque vous le trouvez alors s’opère en vous un chemin vers soi qui est salvateur.
        Soyez forts, ne lachez rien, accrochez vous car après la pluie réellement il y a le soleil.
        Il faut le croire, il faut se le promettre.

        • Daphnée L. 20 novembre 2016 à 16 h 56 #

          Je viens a mon tour de découvrir que vous avez répondu a mon message (manque l’option ‘avis par émail, avis au modérateur)

          Je te lis et je sens qu’en toi tu as beau écrire que la mort semble si douce et si délivrante… mais d’un autre coté je lis une détermination de vivre comme si tu avais l’intention de tenté ta chance une autre fois, et bien c’est ma philosophie de vie si j’ai eu a naitre et a vivre tous ceci ce n’est pas pour rien.. c’est qu’a quelque part je devais le vivre pour comprendre quelque chose et dans mon cas ca été ainsi pour que je découvre que la vie peu etre aussi belle que difficile. Malgré tous ce que j’ai pu vivre malgré tous les moments d’horreur que j’ai vécu, malgré toute la douleur que j’ai ressenti autant physiquement que psychologiquement j’ai toujours cru que je valais la peine, même si un bout de ma vie j’ai cru que je ne valais la peine que pour donner du plaisir charnel a autrui.

          Je peux te dire une chose dans les mots que tu écris j’ai confiance en ton rétablissement parce que tu gardes espoir, tu n’as pas baissé les armes complètement, tu donnes une seconde chance a ton suivi … et comme tu dis faut trouvé LE thérapeute qui te convient en qui tu as pleinement confiance et que tu te sens alaise d’allé loin très loin dans tes souvenirs. Faire face a nos démons est la plus dure des étapes dans le cheminement de guérison mais au combien salutaire.

          Ne lâche surtout pas tu n’es pas seul, a te battre avec tes démons mais dit toi aussi une chose c’est que plus tu décortique le démon plus petit il deviens, il ne disparaît pas loin de la mais il deviens inoffensif pour notre avenir… la journée ou on se sens en paix avec nous même c’est la plus belle de notre vie. Courage, et je vais revenir voir si tu m’as récris.

  22. Daphnée L. 13 août 2016 à 7 h 43 #

    Bonjour,
    Oh que votre article fait vibré des cordes dans mon tous mon être. Je suis une survivante et je suis enfin accomplie mais ça prend énormément de courage de détermination.

    Le succès de mes démarches, suivie en sexologie (pour traité et comprendre la compulsion sexuel que je pratiquais) et une thérapeute pendant 2 ans (simultanément) pour intégré que tous ce que j’écrivais a a la 3 ieme personne était bien mon vécu et mes émotions. Mon vécu étant abus sexuel de mon père de 1 ans a 19 ans, rejet de ma mère alcoolique, avoir été donné au conjoint de celle ci a 15 ans j’ai subis des viols a répétition lors des visites pour voir ma mère, j’ai par la suite traîné mon passé et tous les comportements acquis, auto-mutilation, obsession compulsive (ne vivre et ne considéré sa personne que pour avoir un orgasme ou être aguicheuse)

    Comme vous voyez mon passé n’est pas celui qui nous mène a une réussite personne et professionnel. En 2012, j’ai enfin tournée la page, ma façon a moi publié mon histoire pour aider les gens a comprendre les émotions caché via le livre Entre Deux Monde Témoignage d’inceste publier au édition L’apothéose… j’y ai livré sans censure mon parcourt pour donner espoir au gens… La vie nous a fait vivre des épreuves mais a fait la personne forte que nous sommes et nous a rendu beaucoup plus près de nos émotions qu’on ne pense, faut juste le réalisé et apprendre comme un enfant apprend a marché, on tombe on recule et on recommence jusqu’à avoir compris et acquis un nouveau comportement.

    Je ne dis pas que c’est facile loin de la, mais pour notre survie et notre avenir (parce quelle celle ci nous appartiens) on doit reculé dans notre passé apprendre a mieux vivre et se sentir jusqu’à un certain point détaché et déresponsabilisé de notre vécu.

    Maintenant en 2016 je regarde tous le chemin que j’ai parcouru, j’ai enfin trouvé ma valeur et ma place autant au niveau personnel qu’au niveau professionnel… j’ai appris a  »m’aimé » parce que j’accepte de me considéré comme une personne qui a une valeur autre que pour le sexe. J’ai encore a travailler soit, apprendre a ressentir les émotions tel que la fierté, la joie, l’appréciation des autres sans autre attente, et arrêté de toujours avoir peur de perdre tous ce que j’ai acquis depuis 2003… la peur de décevoir est aussi présente. J’ai encore du boulot sur la planche mais je ne suis plus la fille objet que j’ai été et effectivement pour me rendre ou je suis c’est grâce a ma décision de couper les ponts avec toute les personnes toxiques dans ma famille. Je me suis créé ma propre famille et c’est pour elle que je continue d’avancé, mes filles apprennent a se respecté, a se faire respecté et a trouvé leur propre valeur.. mes garçons apprendront eu a respecté un non pour ce qu’il est un non, il apprendrons a apprécier leur partenaire pour toute leur qualité et leur défaut. Des générations antérieurs ne fait plus partie de mon avenir ni de celui de mes enfants.

    • Marie 30 décembre 2016 à 11 h 01 #

      L’inceste est pour moi une des pires saletés qui existent sur cette terre.
      Je vous dis chapeau bas à tous car je ne lis que des messages bien écris de gens qui pensent clair et qui luttent contre cet enfer dans l’indifférence et la lâcheté humaine.

      Cette indifférence n’est pas totale sachez le.

      Frères de misère nous nous comprenons.

      Je n’ai pas vécu l’inceste mais la négligence et la violence psychologique parfois physique avec menaces de mort oui, la faim aussi quand la nourriture n’était pas assez bonne pour nous soit disant.

      Comme vous ailleurs je faisais semblant de rien et le reste de la famille, parfaitement au courant, ainsi que les voisins si attentifs pour alimenter les ragots du coin ne m’ont bien sur jamais tendu la main mais fuit au contraire comme vous j’imagine.

      ‘Les gens comme cette famille on préfère qu’ils s’en aillent’ comme ces mots me révoltent pour l’enfant que j’étais, pour les enfants que nous étions, pour les enfants actuels qui subissent cela maintenant.

      Pas d’histoire, pas de vague surtout et on laisse mourir le petit untel sous les coups, après on fait une marche blanche ou une messe pour se donner bonne conscience.

      J’espère que devant leurs miroirs le soir ou le matin et à l’approche de leur mort, ils vomiront tous de honte pour tout ce qu’ils ont laisse faire sans bouger d’un cheveu.

      Oui j’en suis encore à la colère contre cette indifférence, cette mesquinerie qui tue a petit feu.

      • Daphnée 18 janvier 2017 à 21 h 46 #

        Bonsoir Marie,
        Oui biensure que certaine personne (beaucoup trop) ont décider pour différente raison de ne pas voir ou regarder de plus pret ce que je vivais… et oui biensure certaine personne avait des doutes d’autre semblait indifférente a mon vécu… mais avec le recule j’ai appris une chose … les gens réagissent avec leur vécu respectif et leur facon de penser… la mentalité de la société a toujours été ce qui se passe chez les autres ne nous regarde pas, vivre et laisser vivre… et l’autre mentalité qui rentre en ligne de compte un autre le dira a ma place pourquoi men melé.

        Mais tu sais je ne suis pas rancuniere contre personne que ce soit les agresseurs ou les témoins qui non rien fait … parce qu’entretenir des sentiments négatif c’est resté prise en partie dans mon passé et ce n’est pas ce que je veux … je veux avancé et etre heureuse… j’aime bien une phrase que j’ai souvent lu sur facebook, une réflection qui fait partie de ma philosiphie de vie maintenant, un auto a une tres grande ouverture pour regarder devant mais un petit mirroir pour regardé le passé … donc la conclusion il est plus important de voir devant que de regarder derriere…

        Depuis toute ses années qui me sépare des agressions en milieu scolaire (jétais le mouton noir de lécole et j’ai subis multiple intimidation et agression sexuel) ben crime certaine personne sont venu mécrire en pv (sur facebook) qu’il regretais amerment d’avoir participer a ses mesquineries et qu’au grand jamais il aurait fait ses actions si il avait su l’implication et séquelles que ca pouvait me faire…. il ma meme écrit aujourd’hui je suis pere d’une jeune fille et je souhaite de tous coeur que personne ne la traitera comme on s’est permis de te traiter … Ses excuses ont été bénifique dans le sens ou je me suis dit au moins certaine personne prennent conscience des torts qui ont pu causé au autre… pour lui ce nétais que suivre le groupe et etre intégré avec LA gagne , il n’avait aucune intention de nuire (il était présent mais en retrait pendant les agressions)

        Donc tous ca pour dire nous ne devons pas jugé le silence qui regnait autour de nous puisque chacun on leur propre passé. la seul personne a jugé cest celle ou ceux qui a décidé que nous n’étions qu’un object sexuel qui pouvait utilisé a sa guise.

  23. MALHOUITRE 3 août 2016 à 10 h 22 #

    Bonjour,

    Votre article ma permis de me re-connaître et d’accepter encore plus mes blessures.
    Nous ne sommes pas responsable du mal qu’on nous a fait, nous pouvons que l’accepter et avancer !

    Personnellement, j’ai vécu sans mère, elle est partie quand j’avais à peine 1 an, elle est partie car elle vivait un enfer avec mon père ( humiliation, tromperie en continue, alcoolique, et violent).
    Mon père aurait tapé dans le ventre de ma mère quand elle était enceinte de moi et je n’étais pas désiré.
    Il nous a beaucoup menti lui concernant, jusqu’à nous dire quelle était morte et après changer de version, nous dire quelle est partie avec au autre homme.

    Etant enfant, mon père profiter de l’amour que je lui porté pour me rendre soumise à lui car pour moi je le voyais comme notre sauveur vue que notre mère étais partie, il se servait de moi quand il été mal, que je sois dépendante de lui, et surtout être sage car je ne pouvais exprimé ma tristesse, ma colère ou tout simplement être moi dans ma propre individualité.

    En effet, il m’a constamment humilié, rabaissé, et il y avait un peu d’inceste ( nu tout les soirs, en mettant son sex en vision et il m’a déjà embrassé quand il avait bien picoler ) et quelques gifle, c’était surtout des violences psychologique et pour mon frère physique.

    A l’heure d’aujourd’hui, j’ai réussis beaucoup de chose au niveau pro, je me suis attiré des hommes trompeurs, manipulateurs et j’ai été victime lors d’une colocation d’une perverse narcissique.

    Après avoir été victime de cette pervers narcissique, j’ai été forte je m’en suis rendu compte assez rapidement, et j’ai su m’en remettre plus rapidement que la moyenne.
    Depuis ce jour, mes blessures que j’essayais d’oublier se sont ravivait.

    Notamment celle de l’abandon et celle du rejet, car elle ( la pervers narcissique ) a tout fait pour que je ne me mette pas en couple et quand je l’étais elle faisait tout pour que ça ne fonctionne pas, elle voulait que je sois dépendante d’elle.
    Et quand elle faisait la tête pour X raison, j’avais cette impression qu’elle allait me rejeter.

    Je me suis battu pour m’en sortir et j’ai ressenti un grande libération quand se fût le cas mais qui a duré à cours terme.
    Mon estime de moi fais des hauts et des bas, surtout à la même périodes de mes traumatismes soit en période d’été.

    Depuis cette année, j’ai pris la décision de ne plus voir mon père pendant quelques temps afin de prendre soin de moi.
    C’est dure, je suis encore en deuil et je sens mes blessures plus présente depuis ma séparation mais il fallait que je passe par là pour mon bien être.

    J’ai rencontré quelqu’un de bien, j’espère juste que mes blessures vont s’apaiser pour pouvoir construire ma vie de famille sans préjudice.
    En tout cas j’effectue un travail de fond dans les bouquins et chez mon psy mais je suis fatigué de me battre car toutes mon enfance ce fût le cas et ça poursuit à l’âge adulte.

    Merci d’écrire se type d’article qui permet de nous dire que nous sommes pas seul, mais se combat est vraiment interminable !

  24. Lisa 13 juillet 2016 à 5 h 03 #

    Merci pour cet article si bien écrit et qui résonne.
    Je rejoins aussi une personne qui écrivait que notre vie d’adulte se passe à réparer les dégâts, à survivre, à se réparer au prix de souffrances, de chagrins, de larmes. Des comportement s de repli, de protection, que les gens autour ne comprennent pas toujours.

    Ce qui m’a le plus parlé, c’est l’ambivalence des parents maltraitants, à la fois aimants et maltraitants. Les miens n’étaient pas aimants du tout, mais il faisaient comme si, surtout aux yeux des gens. On passait pour une famille unie, j’ai été éduquée, soignée, je ne manquais de « presque « rien matériellement, ça c’était la vitrine.
    Les souvenirs conscients restent : insultes, humiliations, coups de poings, punition abusive, défouloir, manipulation.
    Les souvenirs revenus après des années et des années de souffrance, de somatisation, de phobies : abus sexuels, tentative de meurtre, négligence.
    Et l’impression d’être folle, car ça ne colle tellement pas avec qu’ils montraient d’eux aux autres.
    Pourtant, je les digère mal les coups, la folie de mon père, le sourire de ma mère qui manipulait tout le monde, qui m’a vendu .
    Et puis, les radios de ma mâchoire qui confirment malheureusement tout ça.
    Mon corps qui somatise et qui s’apaise dès que j’ai « sorti  » la blessure.

    Mais le pire, c’est la privation. C’est d’avoir pleinement conscience qu’on a payé pour leurs manques, d’avoir été le bouc émissaire facile parce qu’ils étaient incapables d’assumer leur vie, parce que c’était tellement plus simple de se défouler sur une gamine non désirée, à qui on faisait payer sa venue au monde. Et en plus, ce n’était même pas un garçon, ce qui aurait pu à la limite faire passer la pilule..

    Après des années de travail, via l’ EMDR, la libération émotionnelle, suivie par des thérapeutes très à l’écoute, j’en suis au stade d’essayer de changer les situations de manque, de privation. D’être toujours à me contenter de miettes, d’attendre le bon vouloir des autres, de subir leurs manques.
    Et pourtant, je m’aime bien plus qu’avant 🙂

  25. Jérôme Guay 3 mai 2016 à 9 h 37 #

    Des personnes qui ont survécu à la maltraitance ont parfois des réminiscences (flashbacks) c’est – à – dire des souvenirs d’abus qui refont surface à l’improviste ; ces souvenirs de gestes abusifs reviennent à la mémoire, après une période d’amnésie
    Souvent ces personnes demandent à leur psychologue de les aider à vérifier si ces souvenirs sont vrais, surtout s’ils remontent à une période précoce, comme à 4, 5 ou 6 ans.

    La plupart des psychologues vont faire preuve de prudence face à ces demandes et ils ont raison, car leur souci premier est d’aider les clients et ne pas leur nuire. D’abord il est impossible de prouver hors de tout doute la véracité de l’abus qui s’est produit à un âge précoce.

    Ensuite, les risques de fabriquer un faux souvenir sont très élevés. Un article, publié récemment dans la revue de l’Ordre des Psychologues, les mettait en garde contre le risque de fabriquer de faux souvenirs. Plus les souvenirs sont précoces et plus on a eu recours à des méthodes pour provoquer la remémorisation, plus les chances sont élevées que les souvenirs soient faux. C’est pourquoi, selon les bonnes pratiques, les psychologues n’exerceront aucune pression pour faire revenir les souvenirs.

    Cela n’enlève pas la possibilité que l’abus se soit vraiment produit; mais le souvenir est indissociable de l’émotion pénible qui l’accompagne. Même si le souvenir s’avérait véridique, il y aurait danger de détérioration de l’état mental. L’amnésie est un mécanisme de protection pour empêcher une trop grande détresse.

    Jérôme Guay

  26. Vévé 7 avril 2016 à 16 h 27 #

    Bonjour, je vous remercie pour votre article où je me suis reconnue, je suis suivi par un psychiatre et psychologue, mais j’ai du mal avec le psychologue, j’ai tout le temps peur, peur qu’il me fasse du mal, pourtant il est gentil avec moi. J’ai été battu depuis toute petite, humilié, rabaissée, avec tout ce qui va avec, par ma grand-mère, qui disait ne pas m’aimer, je n’avais aucun jouet, j’avais un doudou c’était des mouchoirs que j’accrochaient un après les autres mais ma grand-mère me les a pris, mon père m’a abandonné j »étais encore un bébé, ma mère n’était jamais là et quand elle était là elle ne s’occupait que de ma sœur qui était sa chouchou et mon frère était le chouchou à mon grand- père ils étaient sacrés il ne fallait surtout pas y toucher, à 9 ans j’ai rencontré des voisins, qui m’ont donné un peu de choses que je n’avais pas connu chez mes grands-parents, mais à 11 ans l’homme que j’appelais tonton m’a violé, après ça je n’étais plus la même, j’ai pèté les plombs à 13 ans, en me mettant en danger sans arrêt, je n’arguais la police, mes professeurs, les gens, tout m’étais égale, j’ai souhaité mourir alors le danger ce n’était qu’un jeu pour moi, je voulais que tout s’arrête. Et depuis l’année dernière tout à resurgit pourquoi je ne sais pas, je m’automutile, j’ai l’impression de ne plus ressentir les émotions, je ne sais plus très bien qui je suis, et j’ai l’impression que tout le monde s’en fout, j’ai peur de me retrouver seule, peur qu’on me laisse tomber, il y en a parmi vous qui sont arrivés à sortir de ça, et je suis très contente pour vous, mais moi je n’y crois plus.

  27. parigo 26 mars 2016 à 14 h 16 #

    moi j’ai 42 mes parents sont gentils et intelligents. mais à 42 ans je commence à en avoir marre de la situation que je subi depuis l enfance. tout mon problème vient de mon père. il est trop intelligent et depuis toujours il m inflige une oppression qui n’est pas à proprement parlé insupportable, mais qui a la longue me conforte dans l idée de couper les ponts avec ces parents supers au demeurant mais invivables et qui commence vraiment à me pomper l air le temps aidant car il commencent à viellir

  28. Kaoutar 18 mars 2016 à 22 h 02 #

    Bonjour,

    Tout d’abord, merci énormément Jérôme Guay, pour cet article qui nous permet, nous les personnes ayant subit de l’abus et/ou de la négligence, à se reconnaitre par les exemple que vous donner. Cela nous permet justement a être compassion avec soit-même plutôt que de s’auto-crtiquer…

    Je voudrais partager avec les personnes, qui ont subit de l’abus et/ou de la négligence, un résumé de mon histoire et comment j’ai pu m’en sortir. Oui j’ai pu m’en sortir et continuer ma vie « normalement »…
    J’ai vécu avec un père, infidèle (par rapport a ma mere), apathique, avec des crises d’énervement très intense, égoïste, autoritaire (dans le vrai sens du terme), violant ( nous frapper jusqu’a qu’il y ai du sang et continuer encore sans pitié.) (Je dis nous car il y a moi ma mere et ma soeur).
    Je n’avais pas l droit de pleurer, de m’expliquer. Je n’avais pas le droit d’aller au sport que j’aime tant ou j’étais championne nationale. Torture psychologie, avec chantage, rabaissement, aucune reconnaissance en cas de réussite et j’en passe…

    A l’adolescence, je me suis beaucoup penché sur le sport, c’était mon seul moment agréable ou je me dépasser, je me défouler et je vider tout ce qui se passer à la maison. ( Je remercie le sport, car grâce a lui j’ai pu ne pas avoir la possibilité de dévier et compenser avec d’autre chose (alcools, cigarette…). et je vous conseil vivement de vous mettre au sport ou au moins dans une autre activités…

    Apres avoir pu fuit la maison pour aller se refuger dans l’armé sportif. J’ai pu prendre de la distance par rapport a mon passé, a continuer a me dépenser dans mon sport. J’ai eu des grande fluctuation des émotions, des difficulté de concentration, des perte de mémoire que je n’acceptait pas et dont je ne connaissais pas la cause…

    J’ai du me refuger a lire sur la psychologie pour m’aider moi meme (étant donné que je n’avais pas les moyens d’aller voir le psy, qui coutait très cher dans mon pays d’origine).
    J’ai commencer donc a travailler sur moi, a accepter mes faiblesse, a en tirer mes forces…

    A l’age de 17ans, j’ai du donc prendre la décision d’arrêter l’armée et d’aller continuer mes études. Je n’avais plus honte de mon histoire a tel point que je l’a raconté a mes amis. Qui commencer eux même a m’aider a m’en sortir (financièrement et psychologiquement). J’ai donc pu avoir mon 1er diplôme qui m’a permit de venir en France. j’ai poursuivit des études en psychologie, puis de management puis en entrainement sportif et puis en coaching mental.
    J’ai travaillé sur moi tout au long des ces années, a accepter ce que je suis, mon vécu, a en tirer les choses positives qui ma procurer, a me mettre a la place de mon père qui lui aussi n’a pas vécu une enfance facile… le fait de le comprendre m’a permis de le pardonner partiellement..

    Aujourd’hui je ne vais pas vous mentir et vous dire que j’ai guérit car je n’étais pas malade. J’ai juste vecu mon enfance (que je n’ai pas choisi) différemment que les autres. Et justement, cette différence fait ma richesse aujourd’hui.

    Avec mes grande fluctuation d’émotions « que j’accepte » me permet d’emporter mon entourage vers des émotion positives. grâce a mon vecu j’ai acquiert une grande capacité d’empathie, une facilité a comprendre l’autre et donc a m’y adapter à lui. je suis autonome, indépendante, je suis passée par beaucoup de difficulté que maintenant presque rien ne me fait peur.
    Quand je suis en forte ou faible émotion je la laisse passer sans la jugé, car je n’oublie point que c’est a cause de mon passé et non pas de moi, et donc je compatis avec moi même.
    Je me suis fiancée et je lui ai tout raconté. Ce n’est pas toujours facile pour moi mais j’y travail car je sais que c’est possible de fondé une famille « normale »…

    Je vous raconte tout cela pour vous dire mes cher(e)s que OUI on a subit des choses horribles ( rien que le dire j’ai les larmes aux yeux). MAIS ET ALORS, ce n’ai pas la fin du monde, c’est peut être une chance que d’autres (qui on eu une vie ordinaire n’ont pas) j’en suis sure que vous trouveriez les avantage dans ce vécu (prenez le temps de le faire). prenez les comme une richesse, soyez comptatient avec vous même, n’ayez pas honte de ce passé car vous n’y êtes pour rien, faites une activités qui vous plais, emmener vos proches a vos comprendre (s’il le faut..). Ne rester pas que dans la casquette du victime, vous êtes acteur de votre vie maintenant et c’est la la différence…

    Aujourd’hui j’ai 25ans, je suis devenue coach mental, et entraineur de haut niveau, je suis entrain de monter une société également. Dans deux mois je vais me mariée.
    Tout cela me fait peur mais je sais Pourquoi c’est pourquoi je ne crois pas a cette peur, je l’accepte et c’est tout. Elle passera comme toute les autres…

    Soyez fort!!!

  29. Espoir 24 février 2016 à 16 h 19 #

    Je me reconnais moi aussi dans vos écrits dont j’ai apprécie la justesse et la précision. J ai révélé a ma famille et au village l inceste commis par mon oncle mon grand père et les attouchements commis par mon grand-père et son voisin et on me traite de menteuse et me lynche. C’est extrêmement dur a vivre. Et je crois que je vais devoir couper avec ma famille sauf avec mes parents mon frere et un cousin qui me soutiennent) mais comme vous le dites si les relations sont négatives et enfoncent la personne alors autant se protéger et les arrêter. Je suis en train de prendre cette dure décision.

    • Butterfly 2 mars 2016 à 16 h 56 #

      Il est maintenant trop tard pour réparer le fait que vous aviez dit à tout le monde l’inceste que vous avez subi par 1membre de votre famille et votre voisin. Sur le coup cela a dû vous faire du bien. Par contre pour les gens du village cela leur a paru comme un coup d’éclat de votre part. Il est difficile pour les membres d’une même famille d’admettre que cela puis arriver alors imaginez-vous pour des gens d’un village qui ne vit pas de façon intime avec vous d’accepter que cela soit arriver. Pour l’instant le mieux à faire est de prendre du recul par rapport aux membres de votre famille ainsi que les gens du village qui vous voit comme une insouciante . J’ai quitter le nid famille depuis maintenant 18 ans suite à des abus physique et psychologique disons que j’ai jamais regretter ma décision. Malgré ce que les gens puis en penser. Je suis aussi en thérapie avec M. Guay depuis 2 ans et cela m’aide grandement à mieux comprendre mes méthodes de défense qui me sont ancré psychiquement depuis mon enfance.

    • Jérôme Guay 8 mars 2016 à 11 h 58 #

      Vous avez eu du courage de révéler l’inceste, j’espère que vous avez été accompagnée et soutenue car les réactions négatives que vous avez vécues sont hélas très fréquentes. Selon l’approche de psychothérapie qui est reconnue pour les adultes qui ont survécu à la maltraitance, il est fortement déconseillé de confronter sa famille de façon impulsive. Il faut que ce soit bien préparé pour amoindrir les dommages, sinon vous devenez victime une deuxième fois; victime d’inceste et victime de l’avoir révélé. Les adultes qui ont été abusés et maltraités et qui réussissent assez bien, ont tous coupé les liens avec leur famille, l’abus c’est toxique et maintenir les liens c’est comme boire du poison. Couper les liens c’est prendre soin de vous. Avez-vous pensé à consulter ?

      Jérôme Guay

  30. Veronik 21 février 2016 à 23 h 04 #

    Cest exactement comment je me sens. Pour avoir vécu abus sexuel et violence. On m’a dit que j’avais des traits de personnalite limite. On ne parle pas de ça dans cet article. Je veux me sortir de ce tourment qui me rend folle et malade. Je me sens comme un presto sur le bord d’exploser.

    • Jérôme Guay 8 mars 2016 à 12 h 02 #

      Les troubles psychologiques de type personnalité limite sont une conséquence très fréquente de la maltraitance, surtout de l’abus sexuel. Je n’en parle pas parce – que ce type de syndrome est connu depuis longtemps et il qu’existe une littérature abondante sur ce sujet. Le stress traumatique complexe, dans notre jargon psychologique, est une autre manifestation de l’impact de la maltraitance, mais ce syndrome a été identifié très récemment; c’est pourquoi j’en parle dans mon texte. L’abus n’est pas une maladie, vous n’êtes pas folle, mais vous vivez une détresse normale face à la situation anormale que vous avez connue. Prenez soin de vous, essayez d’éviter l’explosion et d’atténuer les tourments, sinon c’est comme si l’abus continuait. Il ne faut pas donner raison aux personnes qui vous ont abusée en continuant à être malheureuse.

      Jérôme Guay

  31. Nora 8 février 2016 à 21 h 30 #

    Merci beaucoup pour votre article où je me reconnais. J’ai été victime de maltraitance quand j’ai été enfant et adolescente. un père avec une double personnalité: parfois gentil avec moi et parfois hyper violent en me battant et m’insultant sans aucune raison. de l’autre côté une mère (elle aussi battue), qui défoulait son stress sur moi via une violence psychologique inouie: chantage affectif, chantage au suicide, culpabilisation, possessivité. j’ai du vivre alors dans la violence physique, verbale et psychologique pendant de très longue année. Difficile de sortir de cet enfer. Ce genre de familles ressemblent a des sectes, où tout les dérapages sont permis et où on en sort ni facilement ni sans cicatrices. J’ai 32 ans et je traîne encore avec moi les séquelles de leur traitements: échec professionnel a répétition (je suis actuellement au chômage); instabilité émotionnelle; problèmes financiers chroniques; sentiment permanent de perte et d’insignifiance; refus du mariage et de la maternité; incapacité de rester en couple; idées suicidaires et isolement social. Effectivement, les enfants maltraités devenus adultes, ne vivent pas, ils consacrent toute leur énergie à réparer les dégâts, à soigner les blessures, à se libérer de la honte et la rage qui les habitent…bref à essayer de survivre

    • Jérôme Guay 8 mars 2016 à 12 h 04 #

      Votre réaction me touche beaucoup, vous avez le droit au bonheur comme tout le monde. Ne perdez pas espoir, vous méritez mieux que de seulement survivre. Plusieurs de mes clients (es) qui ont connu une vie d’enfer comme vous, réussissent à bien fonctionner au point de vue relationnel et professionnel. Si c’est possible pour eux ça l’est pour vous. C’est le mariage et la maternité qui les ont sauvées car les adultes, qui ont été maltraités, font souvent d’excellents parents; on peut se reconstruire soi – même à travers nos enfants. Vous pourriez aussi consulter.

      Si vous lisez l’anglais, je vous conseille la lecture de :
      O’ Connell Higgins, G. (1994) « Resilient adults : overcoming a cruel past » Jossey Bass

      Quarante personnes qui ont été sévèrement maltraitées, expliquent comme telles s’en sorties et ont réussi à bien fonctionner.

      Jérôme Guay

  32. Laurianne 16 décembre 2015 à 9 h 17 #

    Monsieur,
    Etant était abusée durant 7 années par mon grand-père, dont j’ai avoué les actes à sa mort et reniée par mon père avec qui je n’ai aucun contact depuis plus de 20 ans mais qui en a avec mon frère, et sortant d’une relation amoureuse de 5 ans avec un homme menteur et extrêmement égoïste, je me retrouve aujourd’hui plus bas que terre. D’autant plus que mon premier amour s’est suicidé et je m’en veut tant de n’avoir jamais répondu à ses messages par respect envers mon ex compagnon. Je suis démunie face à ma tristesse, je suis anxieuse, dépressive et ultra sensible. Je reconnais bien dans votre texte mes symptômes. Les compulsions qui se traduisent par de la violence, la peur de l’abandon omniprésente, et le fait de toujours faire en sorte que cela se produise. Aussi, de toujours me dévaloriser et me dire que tout cela je le mérite pour mes fautes commises. Le respect est en effet très important pour moi, une valeur dont j’essaie de faire de moi une personne droite, et l’injustice qui me rend complètement dingue sans doute car je n’ai pu avoir de procès et être reconnue comme victime.
    J’ai consulté plusieurs psychologues mais en vain, je n’ai plus la force de me battre car peu importe je n’arrive pas à sortir la tête de l’eau, l’angoisse fait partie de moi mon parcours de vie m’handicape, et sourire je n’y arrive pas.
    Depuis petite, j’ai la peur de ne pouvoir avoir d’enfant, aujourd’hui cela me hante, car j’ai le sentiment qu’il n’y a que cela qui pourrait me rendre réellement heureuse.

    • Jérôme Guay 8 mars 2016 à 12 h 06 #

      Je suis sincèrement désolé que les psychologues n’aient pas pu vous aider ; suivez votre intuition en ce qui concerne le fait d’avoir des enfants.

      Jérôme Guay

  33. Anony 12 décembre 2015 à 1 h 49 #

    Bonjour,
    Merci pour l’article . sinon je veux savoir s’il est préférable de contacter nos parents pour savoir mieux ce que se passait vraiment durant notre enfance pour mieux régler nos problème psychique ?

    • Jérôme Guay 5 janvier 2016 à 13 h 41 #

      Anony

      En réponse à votre demande, il n’est pas conseillé de maintenir des contacts avec ses parents si ils vous ont maltraité. C’est ce que démontre une enquête, auprès de quarante adultes qui ont été maltraités par leurs parents, mais qui fonctionnent assez bien. Il est fortement déconseillé de chercher à régler ses comptes avec ceux – ci.

      Jérôme Guay

  34. Jérôme Guay 8 décembre 2015 à 16 h 24 #

    Emma

    Vous allez avoir du succès, et être très appréciée, dans votre métier que vous exercez depuis l’enfance.

    Il pourrait être intéressant d’avoir un espace où vous n’êtes pas obligée de comprendre, de rassurer et de vous faire aimer.
    Un espace de thérapie qui porterait plus sur le processus interactionnel que sur le contenu ; où vous pourriez vous laisser aller à ne pas être aimable et compréhensive.
    Vivre un rapport différent, une expérience émotionnelle correctrice..

    Jérôme Guay

  35. Emma 2 décembre 2015 à 16 h 12 #

    Bonsoir Monsieur Guay,

    Suite à la lecture de votre article, je tiens à vous remercier pour sa finesse et sa pertinence. Ce que vous avez décrit sur le sentiment de honte et de culpabilité a fait tout à fait écho en moi. Il faut bien du temps pour parvenir à une vraie réflexivité sur soi même, surtout quand on est pleine de défenses ou que l’on est devenue professionnelle dans l’art de donner le change : rassurer l’autre, toujours rassurer l’autre.

    Je n’ai pas vécu de drame particulier dans ma vie, en revanche j’ai été très vite parentalisée. Je suis devenue petit à petit, à partir de l’âge de 10 ans, la thérapeute de ma mère (quelqu’un d’angoissé et très peu affirmé), étant moi-même témoin des infidélités et des manipulations de mon père. Encore d’avantage lorsque mon père est parti.

    Par la suite, ma mère m’a toujours excessivement valorisée, expliquant que j’avais un « don » pour conseiller, analyser, soigner, que j’étais quelqu’un de brillant. J’ai progressivement fait part de la plus grande des complaisance pour ce rôle valorisant que l’on m’avait attribué. A l’école également, puis dans mes études, j’ai toujours tenu à répondre à toutes les attentes, valorisée également par mes professeurs, enfermée dans cette prison dorée, satisfaite très ponctuellement par des compliments puis avides d’en entendre d’avantage.

    Finalement, j’ai un métier que j’exerce depuis l’enfance : je m’apprête à devenir psychiatre. Avec un seul objectif : aider, toujours aider les autres, pour eux mais également pour moi, pour me sentir utile, pour avoir l’illusion grisante d’être quelqu’un de bien. Je m’aime uniquement lorsque l’on m’apprécie, lorsque l’on m’aime. Le moindre indice venant me faire soupçonner le contraire me désarçonne totalement, me fait imaginer des catastrophe, me fait envisager la pire des solution, perdre de vue des alternatives raisonnables à cette souffrance.

    Je suis également dans l’évitement du conflit. Étonnamment ce n’est pas le cas dans ma vie de couple, je parviens à m’affirmer, à me faire entendre, à la vivre plus ou moins pleinement.
    En revanche, dans le domaine professionnel je suis dans l’incapacité de dire « non ». Je travaille énormément, je suis perfectionniste, rigoureuse, je ne me pardonne aucune approximation, aucune erreur. D’autant plus qu’en psychiatrie, la moindre erreur d’appréciation peut coûter cher à l’autre. Et je me sens responsable de l’autre.

    J’ai eu brièvement un suivi, dans l’optique de me mettre dans une position « d’aidée », pour une fois dans ma vie. Ce fut un échec cuisant. Je n’ai jamais pu faire part de mes faiblesses, dire ce que j’avais vraiment sur le cœur, les idées qui me passaient par la tête. Encore une fois, j’ai été bien trop soucieuse de plaire. Je n’en suis pas fière. Evidemment, en quelques séances mon psychiatre me considérait plus comme une collègue que comme une patiente. Il me confiait même certains faits de sa vie privée, faits que j’accueillais avec sourire et humour, comme toujours.

    Aujourd’hui, je suis bien décidée à m’occuper de moi. Comment puis-je prendre soin des autres, de mes patients, si je ne prends pas également soin de moi ?
    Je suis donc preneuse de contacts, étant très inhibée par mon milieu professionnel et trop soucieuse d’être discrète pour demander des idées d’orientation à mes collègues.

    Et pour conclure, je finirai par cette phrase qui révèle toute mon ambivalence : enfin bon, je vais quand même bien !

  36. Navit 23 novembre 2015 à 22 h 09 #

    Éveil instantané ! Libération et apaisement immédiats ! Je suis rempli de gratitude. Merci beaucoup!!

    • Merci 27 juillet 2016 à 20 h 42 #

      Je me permets de repondre sous votre commentaire car il est parfait.
      Idem pour moi!!
      Merci mille fois pour cet article!

  37. Marilou 1 novembre 2015 à 11 h 52 #

    Bonjour à vous. Je tenais à vous remercier pour cet article auquel je ne trouve pas de mot pour le qualifié , tant il m’a toucher.
    Je suis en ce moment dans un groupe de thérapie de l’autogestion des troubles relationnels et je traîne avec moi plusieurs diagnostiques en santé mental, notamment l’autisme Asperger, le trouble de l’attention et le trouble de personnalité limite . Mon enfance ne me semble pas avoir été particulièrement traumatisante ,seulement difficile sur certains points mais comme cet article en fait mention, mon jugement ne reflète peut-être pas la réalité. Je vous en dirai pas plus , le tableau est déjà assez sombre comme ça.
    Par contre en ce moment , j’ai un « devoir  » à faire pour le groupe. Ce devoir porte sur les mécanismes de défense et d’adaptation et j’ai terriblement de mal à analyser ces mécanismes . Je n’avais pas réalisé à quel point j’utilisais la dissociation de manière régulière alors que pourtant ça sautait au yeux. Presque tous les points vous avez présenter à ce sujet me concerne, principalement la dépersonnalisation, détachement ,observation de l’extérieur , et surtout le monde de fantaisie. Je suis à 200% dans les manga, je passe une 10h par jours à faire du jeu de rôle ou j’interprète mes personnages favoris et avec lesquels je construit des histoire. Même une fois au lit le soir (bon plutôt le matin dans mon cas ) , les histoires continuent jusqu’à ce que je m’endormes. Je suis consciente que c’est surement un problème, d’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours vécu ou plutôt survécu grâce à ça. J’ai même souvent dis par le passé que si le rpg (jeu de rôle ) cessait ma vie serrait finie et j’en mourrais. J’ignore comment me sortir de cela et j’ai extrêmement peur de perdre cette « bulle » qui me protège depuis si longtemps…

    • sylvia 4 novembre 2015 à 17 h 01 #

      j ai été très émue par la justesse des ressentis , des souffrances de chacun , aujourd’hui j’ ai 3 enfants que j’ adore , je mesure le manque d’ attention de mes parents à mon égard , les abus dont je n ‘ai pas pu me défendre et dont je n’ ai pu exprimer , parce que je n’ ai jamais ressenti l affection l ‘amour de mes parents . Alors je me suis tue , j’ ai inversé le processus enfant parent , j’ ai l’impression d’avoir élevé mes parents . Mes enfants ont grandi sont bientôt indépendants , je n ‘ai réussi que mon rôle de maman je les amène à bout de bras en haut de l’escalier avec tout l’ amour que je peux leur donner…; mais après il va falloir que je me regarde en face et celà je ne sais si j’ en serai capable .

  38. Kimm 23 octobre 2015 à 10 h 19 #

    Monsieur,
    (COEUR SENSIBLE NE PAS LIRE)
    Je tenais à partager mon histoire avec d’autres qui, comme moi, cherche à surmonter cet épreuve. Cette  »richesse », dont certains me disent, mais que je n’arrives pas à croire.
    Jusqu’à mes 16 ans, j’ai vécu sur une ferme. Nous étions 6 filles. J’avais une jumelle. Mes  »parents » (j’ai encore de la misère à considérer que ce sont mes parents) ne se sont jamais séparés. Ils ne se montraient pas de signe d’amour. Mais ils vivaient ensemble.
    Ma mère a eut un père alchoolic, qui la préférait à ces autres sœurs, et sa mère est décelée lorsqu’elle avait 16 ans. Elle ne m’a jamais évoquée l’abus sexuel. Mais peut-être les autres.
    Cette femme était colérique, peut-être bipolaire, violente, incapable de contrôler ses émotions, menteuse et je la trouve réellement méchante.
    Mon père, quant à lui, a repris la ferme de son père. Je ne sais pas si c’était son but dans la vie. Mais il l’a fait.
    Mon premier épisode de violence me reviens lorsque j’avais environ 6 ans. Je me souviens des coups de ma mère sur mon propre lit, jusqu’à ce que je tombe de ce lit. Je me souviens du visage de ma soeur, impuissante. Et de mon père, qui n’a rien fait.
    Ce fut comme cela jusqu’à environ mes 13 ans.
    L’inaction de mon père m,a toujours enragé. Ce n’était pas une figure parentale qui m’a permise d’apprendre à m’affirmer. Il était soumis à ma mère. Il la suivait. Il lui obéissait. Il vivait de la pression. Il ne  »mettait pas ses culottes ». J’ai eu pitié de lui longtemps. Puis, j’ai eu honte et j’ai ressenti de l’injustice de son inaction,ainsi que de incompréhension, lorsque notre mère nous frappait, nous criait après et nous menaçait.
    Puis, j’ai compris qu’il n’était pas mieux que notre mère. Je l’ai haï. Non, parce qu’il m’a touchée. Mais parce qu’il se défoulait sur les animaux, de la ferme. Si quelque chose ne marchait pas, que l’animal ne l’écoutait pas ou qu’il était simplement choqué, il frappait les animaux. Avec tout ce qu’il avait sous la main: bâton électrique, barre à clous, fourche. Cela me traumatise et m’enrage encore. Je me dis que j’aurais du faire quelque chose. Je revois encore cet épisode où j’empêche mes soeurs d’entrer dans la ferme pour éviter qu’elle ne le voit.
    Vers 13 ans, je me suis dit que c’était deux monstres et que c’était pour cela qu’ils vivaient ensemble. Cette conviction était forte en moins. J’avais aussi la conviction qui m’aida à rester positive: Plus tard je serais la plus heureuse.
    Je me répétait cette phrase sans cesse.
    Même lorsque j’ai demandé à mère » m’aimes-tu?  » et qu’elle m’ait dit: Je t’achètes pas assez de cadeau? T’en aura plus debord ».
    Nous étions isolée. Je n’avais pas le droit d’apeler mes amies de l’école, de leur envoyer des messages ou même de les voir le soir. Je n’avais pas le droit de sortir. je travaillais à la ferme pour tenter de défendre les animaux.
    Encore aujourd’hui, si je pense que quelque chose va choquer quelqu’un, je le fais. Comme cela, je suis certaine qu’il n’y aura pas de stress ou de colère. Je préfère tout gérer.
    Dans ma jeunesse, je pensais que c’était normal. Et que chaque famille vivait cela. Mais j’ai vite appris le contraire.
    À 16 ans, après 3 ans de tentative, j’ai réussis à quitter cette famille, un mois après ma jumelle. Je fut déclarée, par la cour, indépendante et autonome. Mes parents ne voulant plus de moi. Ils ont dit qu’ils m’auraient bien gardés. Mais que comme je partais ils ne voulaient plus rien savoir de moi.J’ai fait deux famille d’accueil. La première, la même que m’A jumelle m’a rejeté. Ils avaient un fils de 7 ans (syndrome de mère alccolic) qui, jaloux de moi et ma jumelle, réagissait impulsivement. Ils m’ont donc envoyé ailleurs.
    Mon autre famille d’Accueil fut exemplaire. Mais un mois avant mes 18 ans, ils m’ont trouvé un appartement et je suis allée vivre là. J’ai encore l’impression d’Avoir été un source de revenus pour eux.
    Aujurd’hui, à 22 ans, j’ai un copain depuis deux ans. J’ai été envoyé de tout part et de tous coté. Je n’ai pas eu l’amour nécessaire. J’ai été négligé. J’ai des mécanisme de défense très puissant qui m’empêche d’Avoir des relations sociales saines avec les autres. Ma peur puissante d’être abandonnée m’oblige à rester chez moi. Je ne veux pas d’enfant et je déteste les parents. Je déteste mes parents aussi. J’ai essayé par trois fois de reprendre contact avec mes soi-disant parents. Les trois fois, je fut décu. Ma mère m’a dit que je n’avais pas d’affaire à apeler. Pour elle, je ne suis rien. Toutes mes choses ont été vendues. Mes photos aussi.Je ne suis plus sa fille. Et mon père, il a rien dit.
    Aujourd’hui, je dois en parler à mon psychologue, mais j’ai l’impression, parfois, que cela ne changera rien. Je n’ai pas de parents. C’est tout. Je veux simplement avoir plus confiance en moi et arrêter de me traiter comme mes parents l’ont fait avec moi.
    Une épreuve qui est difficile à surmonter. Oui, certains disent que grâce à cela, j’ai appris de nombreuses choses. Mais je trouve injuste d’avoir du les apprendre et avoir manqué d’autres choses.
    Pour tous ceux qui vivent cela, tenez bon!
    Merci de m’avoir lu et merci pour tout!

    • Mégan 14 novembre 2016 à 15 h 37 #

      Merci Kim pour ce témoignage très touchant!

  39. Lyne 19 octobre 2015 à 19 h 39 #

    Bonjour,
    Comme c’est le fait pour bcp d’autres lecteurs, votre article m’a beaucoup plu, notamment parce qu’il me permet de mettre en perspective mon passé et le chemin à parcourir. Ce chemin à parcourir, vous me le faite imaginer avec beaucoup de souplesse, de sollicitude envers soi-même et de respect de soi… en fait, cela représente une part importante de ce difficile chemin à parcourir. Je m’y applique depuis 7 ans déjà, buttant à répétition sur cette peur viscérale de rejet ou de perte de relation, dont l’expression est une quasi constante surveillance des frontières relationnelles. Dans les faits, je m’autocorrige bien avant que j’aie traversée cette frontière et je ressens les effets de ma propre autocorrection par le biais d’émotions non ou difficilement exprimées et d’impacts corporels, comme si je venais d’être battue. Je me demande comment interpeller ces impacts somatiques qui font en sorte de me maintenir plus longtemps que nécessaire, dans une situation de vulnérabilité.
    Merci de prendre le temps d’éclairer vos lecteurs de si belle façon.
    Lyne

  40. nathalie 2 octobre 2015 à 1 h 51 #

    Je me suis reconnue dans vos écrits … vous comprenez et expliquez si bien ! Je suis en crise en ce moment et j’aimerais bien trouver un thérapeute qui partage vos convictions et vos valeurs à ce sujet mais dans la région de Québec si possible. Merci à l’avance et surtout … sachez que vous m’avez déjà aidé par ce texte. Sincèrement!

    • Webmestre 3 octobre 2015 à 11 h 32 #

      Bonjour Nathalie,

      nous offrons au CCPE des services de psychothérapie par télépsychologie (Skype ou téléphone). Si ces services vous intéressent, vous pouvez contacter la répartition pour plus d’information: (514) 522-3195 ou psy@ccpeweb.ca.

      Si vous souhaitez trouver un psychologue dans votre région, je vous recommande de consulter le service de référence de l’Ordre des psychologues du Québec : 1 800 561-1223 ou http://www.ordrepsy.qc.ca/fr/public/trouver-un-professionnel2/service-de-reference.sn.

      En espérant que vous trouviez le psychologue qui réponde le mieux à vos besoins!

  41. Marchand 1 octobre 2015 à 16 h 25 #

    Bonjour

    Merci pour votre article. En tant qu’étudiante en psychologie je le trouve réellement interessant et instructif.

    La partie sur la peur de l’abandon et les problèmatiques relationnelles des adultes ayant un passé de maltraitance me fait penser à mes cours sur le style d’attachement des enfants (pour les personnes interessées, voici un lien qui résume la théorie de l’attachement de Mary Ainsworth http://www.childdevelopmentmedia.com/articles/mary-ainsworth-and-attachment-theory/ )

    Je me demande si un enfant qui développe un attachement insécure a un risque de développer des difficultés dans les relations interpersonnelles une fois adulte. Plus que les enfants ayant développé un attachement sécure
    Ce qui permet aussi de marquer peut être l’importance d’une prise en charge précoce au près d’enfants révélant un attachement insecure
    mais dans le cas où le sujet est encore conditionné par le style d’attachement qu’il a acquis durant l’enfance, comment lui en faire prendre conscience et comment l’amener à changer son style d’attachement?

    Quoiqu’il en soit merci de partager votre savoir et votre pratique!

    • Jérôme Guay 7 octobre 2015 à 10 h 18 #

      Mme Marchand

      L’enfant qui développe un style d’attachement insécure court bien sûr le risque de vivre des difficultés dans ses relations interpersonnelles.
      La psychothérapie s’avère un outil très important pour commencer le déconditionnement et rendre le client ouvert à développer des relations nourrissantes et réparatrices.
      Le thérapeute sert alors de modèle, comme le disent les 40 personnes interviewées par une psychologue de Boston. Ces personnes, qui ont réussi à fonctionner assez bien malgré les abus subis, disent que c’est l’authenticité du thérapeute qui les a marqués; il leur a montré ce que c’est un être humain.

      Jérôme Guay

      O’ Connell Higgins, G. (1994) « Resilient adults : overcoming a cruel past » Jossey Bass

    • Paul 1 août 2017 à 20 h 47 #

      Les psychologues et psychiatres devraient avoir dans leur vocabulaire le terme « Survivre après un Auschwitz psychoaffectif » car on ne fait que survivre pour maintenir des façades acceptables car contrairement au corps physique auquel on peut ajouter une prothèse pour compenser un membre manquant, l’âme cassée ou brisée n’a pas de prothèse compensatoire …on donne l’illusion aux autres que tout va bien sans jamais approfondir la relation car on a cette peur viscérale d’être « démasqué » question de survie …les personnes normales ne peuvent comprendre et de toute façon elles vous fuient car on fait peur parait-il …et donc on ne voit pas de solution au terrible mal être, pas d’ami, pas de copine, donc pas de vie affective, pas de sexe fatalement sinon au bordel à l’âge de la majorité autrement dit en puceau tardif … ce qui fait de vous un attardé; vous avez 20 ans mais on vous parle comme à un gamin de 15 ans et ne me dites pas qu’on en guérit de la maltraitance et du rabaissement psychologique ! Non on survit en sacrifié dans l’amertume en se forçant à sourire pour faire bonne figure et on doit survivre avec ce handicap car s’en est un ! Le nombre de relations amicales et amoureuses foirées d’avance car trop ignorant, jamais soutenu, car baignant dans une atmosphère de castration, jamais de tendresse,indifférence totale, tout cela a contribué à ne jamais m’accomplir en tant qu’homme. Pas question de me marier ni d’avoir des enfants dans un état psychologique pareil, juste une relation et faire tout qu’en cas de petit coup dur pour un homme normal (pour moi il me faut 10 x plus d’énergie pour m’en sortir) je puisse me retourner pour faire face car plus question pour moi de me faire poignarder dans le dos ! cfr à voir ou à revoir le film d’horreur « Carrie » et vous ne serez pas tellement loin de ce que j’ai vécu ! Consolation, j’ai pu survivre (mal) assez longtemps pour voir une bonne partie des ces personnes crever la gueule ouverte ! Des fois qu’il y aurait une justice en ce bas monde …

  42. AMélie C 24 septembre 2015 à 9 h 45 #

    Bonjour, votre article me touche bcp car j’ai 37 ans et je commence depuis un an à « avoir une vie émotive », je veux dire à « ressentir ». Ma mère a quitté le domicile sans redonner vraiment de nouvelles alors que j’avais 13 ans, mon père est tombé en dépression, nous avions un bébé de 2 ans à la maison, je suis tombée dans l’oubli TOTAL. Je croyais l’avoir bien vécu, mais en vieillissant toutes sortes de situation me font réaliser (entre autre au travers du fait que j’ai des enfants) à QUEL point j’ai été négligée (Elle fait référence à la notion passive d’omission (à l’inverse des abus physiques où il y a
    une notion active d’agression).
    La négligence se manifeste à travers un manque de soins, un oubli; elle renvoie au terme
    d’insuffisance, de carence ou même d’absence de soins.
    Par exemple, des parents indifférents face aux comportements et aux problèmes de leurs
    enfants. Ils ne frappent pas mais ils manifestent peu d’implication dans la relation avec
    l’enfant. La négligence fait référence à la notion « d’incompétence parentale » : les
    parents négligents sont incapables ou refusent de s’occuper de l’enfant. Il y a une
    carence dans le lien, ils sont peu concernés par le bien-être de leur enfant.)

    Merci pour votre article.

    Amélie

  43. Brian 26 juin 2015 à 20 h 50 #

    Un arbre sans feuille,
    Je suis touché,l’écriture de chaques paragraphes m’interpose.
    Vivre une vie sans la vivre est pourtant très désastreuse pour
    un être.Mon regard est vide d’esprit,un mélange de mélancolie
    de tristesse et surtout de sentiment d’être incomprit

    Brian

  44. Sylvie Hippolyte 26 juin 2015 à 3 h 18 #

    J’ai survécu à la maltraitance, j’ai échappé à ses conséquences dramatiques qui pourrissent la vie, je suis devenue une épouse, une maman, puis une mamy comblée où chaque jour est un jour de bonheur.
    Ma mère n’a pas supporté que mon père la quitte, son désir de vengeance et une haine furieuse l’ont animée immédiatement après son départ. Les représailles, violences physiques et verbales, ont été terribles contre ses trois filles, révélant sa fragilité psychique.
    Nous étions considérées comme des objets, utilisées comme des armes pour détruire celui qu’elle détestait. Nous n’étions pas des êtres pensants, nos émotions étaient refoulées par nous-mêmes ou par elle, nos besoins n’existaient pas. Si notre mère considérait que la mission qu’elle nous avait assignée était mal remplie, nous étions doublement maltraitées.
    Petit, on pense que les sévices tombent quand on ne s’est pas bien comporté et l’on fait confiance à la personne qui a le plus d’importance pour nous en termes d’amour et de référence. On essaie de faire mieux, mais le mieux n’existe pas, il n’y a pas de mieux aux yeux du parent maltraitant, jamais il ne félicite ni n’encourage, il n’accroche pas le regard, l’amour est complètement absent de son fonctionnement. Il tape et aboie. Donc l’enfant se sent foncièrement mauvais, indigne d’intérêt, sa personnalité se fausse.
    Avec un peu de chance il développe des parades pour survivre. Je m’en sortais par des astuces puériles puis efficaces par la suite, et par des conduites inadaptées : larcins, agression des passants, sur le plan scolaire difficultés dans les apprentissages par défaut de concentration, évasion dans un monde imaginaire pour me soustraire à celui qui ne me convenait pas… Il y a eu un temps pour la culpabilité, la honte et le dégoût de soi, les attitudes timorées, l’absence d’initiatives, la passivité… Pour construire ma personnalité, je trouvais mes modèles dans les romans que je dévorais où j’étais à la fois moi et le héros. Je m’inventais une famille. Et un jour le refus d’accepter est venu, j’ai quitté mon bourreau l’année de mes seize ans.
    Alors que ma sœur Annie s’est efforcée d’oublier ce que fut notre enfance, moi, au contraire, je me suis attachée à me souvenir d’un maximum de faits parce que, très tôt j’ai décidé que je mettrai des mots sur cette période de ma vie. Dans un livre intitulé Les jeudis muets Moi, Fina, enfant du divorce je raconte mon enfance maltraitée, ma grande souffrance de petite fille puis d’adolescente qui se construisait sans amour, le silence, l’indifférence ou l’inertie des adultes, ma sortie de la violence, ma réadaptation progressive.
    Sylvie Hippolyte

    • Jérôme Guay 28 juillet 2015 à 9 h 23 #

      Mme Hippolyte
      Merci du témoignage.
      Pourriez-vous donner quelques informations sur votre livre; table des matières, aperçu du premier chapitre ? Ça pourrait intéresser les personnes qui ont lu mon texte.
      Jérôme Guay

      • Sylvie Hippolyte 28 août 2015 à 15 h 51 #

        Bonjour Monsieur Guay,
        Je vous remercie infiniment de me donner la parole.
        Mon livre témoignage n’a pas de réelle table des matières, il suit les étapes de mon développement dans la chronologie de mes âges. Il débute par la petite fille d’environ 5 ans qui se souvient de moments heureux avec ses deux parents et qui a peur de tout. Elle se soumet aux volontés délirantes de sa mère dans l’espoir d’obtenir quelques marques d’amour de sa part. Dans Les jeudis muets, je raconte les sales blagues que nous faisions à notre père lorsque ma mère ne lui interdisait pas ses droits de visite. Il ne répondait pas à nos comportements répréhensibles, il nous laissait cheminer à notre rythme.
        Puis vint le temps de l’adolescence avec des prises de conscience et des révoltes, la découverte de la souffrance de mes sœurs, celle de mon père, celle de ma mère, l’angoisse de l’avenir, comment un individu peut-il se structurer sans avoir reçu d’amour ? Comment peut-il donner ce qu’il n’a pas reçu ?
        J’évoque le regard de l’adulte sur l’enfant, un regard vide. Les adultes n’ont pas su voir ce que nous subissions de la part de notre mère (famille, avocats, juge des enfants, enquêteur social…) malgré des exemples de maltraitance fournis par notre père et la voisine de notre logement mitoyen. Nous n’étions rien pour ces adultes chargés de la protection de l’enfant, nous n’avions pas d’existence propre. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai écrit Les jeudis muets. C’est terrible de n’être rien pour personne.
        Je raconte la venue au monde de mes enfants avec la crainte permanente de ne pas leur apporter tout l’amour dont ils avaient besoin, la crainte que mes paroles les blessent, la hantise de les entendre pleurer, des émotions compliquées à gérer, le manque de confiance en soi, mon besoin de me protéger à tout moment… Mon livre commence par cette citation : « Petit, je t’emmènerai sur la plus haute marche, tu pourras t’envoler ensuite. »

        Si je me suis permise d’intervenir sur votre forum, c’est que je me retrouve parfaitement dans certaines situations que vous décrivez. On ne sort pas indemne d’un tel traumatisme. Ma sœur Annie parle de la honte d’avoir vécu cette enfance-là. Elle a « chassé les souvenirs de sa mémoire ». Moi, au contraire, je me suis attachée à me souvenir d’un maximum de faits parce que j’ai su très jeune que j’écrirais quelque chose sur mon histoire d’enfant du divorce et de la maltraitance.
        Dans mon témoignage, je rends hommage aux personnes qui m’ont aidée à grandir, à prendre le chemin de la reconstruction en faisant un pas en arrière et deux pas en avant, jusqu’à trouver mon équilibre et la sérénité, à celles qui m’ont acceptée telle que je suis, avec des séquelles dues à la privation de mon enfance.

        Une critique des Jeudis muets est parue dans la revue Lien Social, dans le n° 1147 du 18 septembre 2014, sous la plume de Jacques Trémintin.
        http://www.lien-social.com/spip.php?article4331

        Ma sœur Annie et moi avons participé à l’émission de Sophie Davant sur France 2 Toute une histoire pour le thème « Qui sont ces mères qui maltraitent leurs enfants », diffusée le 26 mars dernier. Notre témoignage, ainsi que la contribution du Docteur Hélène Romano, se trouvent sur le site de Toute une Histoire à la date du 26 mars 2015 sous le lien suivant :
        http://www.france2.fr/emissions/toute-une-histoire/diffusions/26-03-2015_314285

        Voici les premières lignes des Jeudis muets :
        D’aussi loin que je m’en souvienne, je ne crois pas avoir vu mes parents s’aimer, sauf peut-être quelques images gravées quand ils me conduisaient chez des amis parce que le mal des transports me guettait au moindre virage et que, pour cette raison, je ne les accompagnais pas dans leurs excursions, si proches l’un de l’autre que leurs cheveux se mêlaient ; sauf peut-être quand mon père déposait une rose ou un œillet dans le soliflore de la Panhard.
        D’aussi loin que je m’en souvienne, je ne crois pas avoir perçu en eux un quelconque rayonnement de joie simple, sauf peut-être quand mon père prenait plaisir à libérer devant la buanderie, les crabes qu’il venait de pêcher, pour s’égayer de ma panique ; sauf peut-être lorsqu’il coursait à bord de sa voiture, en zigzag, les poules vagabondes sur l’asphalte ; sauf peut-être quand ma mère se parait pour sortir avec lui ; sauf peut-être lorsqu’il chantait en duo avec elle « la belle de Cadix a des yeux de velours ». Images pâles et furtives serrées dans l’écrin de ma mémoire.
        […]
        La peur vit en moi. Plutôt que de m’ébattre dans le jardin sans palissade ni grillage, un jardin aux mille périls, je me recroqueville instinctivement, remonte les genoux sous le menton, la tête enfouie dans ma jupe. Je préfère la nuit en moi, sans ombre, sans odeur, sans bruit, sans danger. Le mouvement m’effraie, l’immobilité me rassure. Ma mère emmène mes sœurs à l’école, elle se dirige vers le parc de Montgeon menaçant de ses squelettes étranges, une petite main dans chacune des siennes. Un instant de délaissement terrifiant, long comme un jour sans pain où je sursaute au plus léger craquement. Dès qu’elle reparaît, je feins d’être malade pour qu’elle m’envoie au lit. Le samedi soir, pour la grande toilette, elle transporte le baquet de zinc dans la cuisine convenablement chauffée et la lessive minutieuse commence dans l’ordre chronologique de notre naissance. Avant de macérer et clapoter dans le jus savonneux et tiède de mes sœurs, je patiente dans la buanderie peuplée d’ombres mouvantes mystérieuses, de lueurs diffuses, d’objets aux contours insolites et de toiles d’araignées. Je me blottis contre la porte, les voix familières qui filtrent dessous amoindrissent mon anxiété. Le dimanche mon père écoute à la radio la retransmission des compétitions sportives, ma mère le lui reproche ; il nous fabrique des cerfs-volants qui ne décollent pas ou s’échouent sur les galets. Fermer les paupières pour me dépêtrer de la peur. La peur qui paralyse. La peur de qui ? La peur de quoi ? d’une catastrophe ? d’un raz-de-marée ? d’un séisme ? La peur et l’angoisse qui se conjuguent. La peur viscérale et le froid. L’envie de pleurer.
        Je suis une enfant du divorce. De ces divorces où l’un et l’autre surenchérissent… et surenchérissent encore… et renchérissent continuellement…, où leur progéniture sert d’otage à un échec conjugal. Trois filles nées de leur bref hymen, qui évolueront au milieu d’adultes irresponsables, avec un mal à exorciser, une identité à reconstruire, épouses et mères à leur tour.

        Et les dernières :
        Malgré notre identité mutilée, nous avons accompagné nos enfants sur la plus haute marche. En essuyant une larme d’attendrissement nous les regardons s’élancer sur la route, solides, équilibrés, communiquer avec le monde, participer à sa construction, et nous les entendons à leur tour murmurer, penchés sur le berceau : « Petit, nous t’emmènerons sur la plus haute marche, tu pourras t’envoler ensuite. » Nous recevons leur déclaration comme un pretium doloris.

        Puisse mon témoignage donner de l’espoir à ceux qui vous consultent. Je reste à leur disposition et à la vôtre.
        Sylvie Hippolyte
        jeudismuets@gmail.com
        http://jeudismuets.forumactif.org

  45. Gabrielle 2 mai 2015 à 11 h 17 #

    Dur a convaincre et même parfois facile a influencé lorsque que des situations positive ou négative arrive.
    Certaines personne croient que nous n’avons pas de colonne ni de caractères mais ne savent pas ce que nous avons vécu et le fait d’amener de la colère ou des prise de tête nous affecte comme un volcan en éruption.
    Bref ce texte me conserne et si je pouvais me promèner avec en tout temps sans avoir a m’expliquer tout le temps je le ferais.
    Merci
    Gabrielle

  46. Gabrielle 2 mai 2015 à 11 h 13 #

    J’étais en train de pleurer il y a de cela un bref instant et j’ai décider de « googler » manque de caractère et difficultés a m’auto protéger . Je suis tomber sur ce site et jai lu attentivement car beaucoup de critères me touche personnellement. C’est difficile de voir la réalité en face lorsque même la réalité nous semble flou . Nous somme dur a conva

  47. Jo 31 mars 2015 à 19 h 14 #

    Votre texte est tellement vrai, tellement clair. Me donne envie de pleurer car trop criant de vérité. Je suis en démarche pour mon passé et je trouve cela extrêmement difficile, convaincue que la psy m’hait, qu’elle ne pense que du mal de moi, bien que vraiment gentille. Est-ce vraiment possible de s’en sortir….

    • Jérôme Guay 14 juillet 2015 à 15 h 00 #

      Je vous suggère fortement de parler à votre psychologue car il est possible que vous projetiez sur elle la figure parentale qui vous ne a pas aimé, d’autant plus que vous dites qu’elle est gentille.

      Jérôme Guay

  48. Frank 18 janvier 2015 à 0 h 03 #

    Il y a aussi la version des conjoints qui font de leur mieux pour essayer de vivre avec une conjointe qui a vécu ce difficile passé. Je réalise qu’une personne ayant souffert émotivement voit des situations qui la touche avec hyper réaction (prendre une bière semaine = alcoolisme pour elle) hyper sensible a tout ce qui lui rappelle son enfance.

    • Webmestre 20 janvier 2015 à 13 h 15 #

      Réponse de Jérôme Guay:

      Un passé de maltraitance a un impact majeur sur les relations interpersonnelles intimes, comme les relations de couple.

      Lorsqu’un seul des deux conjoints a un vécu de maltraitance, il est quasi inévitable qu’il (elle) amène les fantômes du passé dans sa relation de couple.

      Lorsque ce fantôme du passé est projeté sur l’autre conjoint, il devient alors important pour celui-ci d’affirmer clairement son identité propre, différente de celle du fantôme du passé.
      Une compréhension empathique de la souffrance, qui est sous-jacente aux blâmes injustifiés ou aux attaques, peut permettre de désamorcer la situation.

      ‘Derrière tout conjoint agressif il y a une personne blessée’.

      Éventuellement le partage des expériences souffrantes, vécues dans l’enfance, peut aider à sortir des situations d’incompréhensions ou de conflits.

    • Kym 23 octobre 2015 à 9 h 44 #

      Bonjour,
      C’est exactement la situation que vit mon copain. Ayant vécu de la maltraitance, un manque d’amour et tous ce qui n’est pas sain dans le développement d’un enfant, je suis toujours en train de me rabaisser, de me trouver inutile et j’ai beaucoup de difficulté dans mes relation avec les autres. Ce n’est pas facile pour lui de me voir comme cela. De même que pour moi de gérer tout cela. Il est un excellent copain et cela fait deux ans aujourd’hui! Je suis fière de cela, car je considère que c’Est la seule personne en qui j’ai vraiment cru. Bref, ton commentaire fait réflechir, sur le fait que l’entourage des victimes est touchée par leur vécu. Merci

  49. Ferhaoui Malika 9 janvier 2015 à 4 h 57 #

    Ce que je ai vécu et ce que je vis…….merci

  50. Sakia 13 novembre 2014 à 17 h 40 #

    Merci beaucoup pour ce texte. J’en suis rendue à vivre mon deuil de ne pas avoir vécue une enfance remplie d’amour et de sécurité et je me demandais quoi faire avec toutes ces émotions de tristesse qui forment le vide que j’ai à l’intérieur,

    Merci beaucoup pour ce partage d’information

    • jung 24 septembre 2015 à 18 h 53 #

      Je ne suis pas capable de tout lire en une traite.J ai craqué quand j ai lue sur un chapitre « rien de mal ne va leurs arriver » et j ai réalisé à quel point j ai eu ,j aurais et j ai besoin d entendre cela, je suis dans un mécanisme de défense depuis si longtemps..c est épuisant.Mais votre article m ouvre l esprit sur moi même ,met en lumière beaucoup de réalité. J ai 31 ans et j en souffre encore terriblement,je n ai plus d idées suicidaire depuis longtemps mais l idee qu un jour mon heure viendra n es pas une fatalité pour moi, j attendant plutôt ce jour là avec la certitude de vivre la mort comme une délivrance. Même si ma vie actuelle m apporte satisfaction mes souvenirs incessant et perpétuels sont torture et supplice.

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